Le licenciement du directeur général de l'hôpital El-Maarouf au lendemain de la mort de Marie Denis Soulaimana sonne comme une mesure visant à calmer la colère des indignés, outrés par cet énième décès par négligence. Passé l'émotion, le débat devrait se recadrer sur l'état de paralysie générale qui a gagné le système de santé du pays.
Zaine-el Abidine jusque là directeur général de l'hôpital El-Maarouf paye pour la négligence supposée des médecins de cet hôpital de référence du pays. Il vient d'être suspendu par un arrêté ministériel qui serait quelques jours plus tard entériné par le conseil des ministres.
Parallèlement à ce licenciement, l'enquête ouverte par le parquet pourrait selon nos informations blanchir de toute responsabilité les médecins et infirmiers, interpellés dans cette affaire tragique qui a ému toute l’opinion.
Des mesures sans doute visant à calmer la colère de la population, mais qui, hélas, ne sauraient exonérer en rien les autorités politiques de la responsabilité qui est la leur, car elles s'abritent souvent derrière les insuffisances des blouses blanches pour masquer leur incapacité à régler les défaillances du système de santé du pays.
L'hôpital El-Maarouf devient l'illustration parfaite du désordre et de l’état d'abandon dans lequel se trouve depuis des décennies le système de santé de l'Union des Comores. Les autorités auront beau licencié à chaque décès, mais tant que la volonté politique manque et que l’État continue à fuir ses responsabilités, le centre hospitalier national El-Maarouf tel qu'il est, continuera à tuer. Un hôpital qui n'a rien de référence où l'insalubrité règne, les sanitaires sont inexistants faute d'entretien. Un hôpital où les malades s'entassent dans chambres dont les murs sont mangés par des moisissures. Un hôpital où le patient achète même l'eau pour laver un nouveau né ou les gans destinés aux médecins examinateurs.
L’État doit jouer son rôle qui est celui d'assurer la santé pour tous. A commencer par la hausse du budget de l’État en mettant l'accent sur les infrastructures. Depuis 4 ans le budget ne cesse de baisser à en croire les résultats publiés dans le document de politique nationale de la santé publié en 2005, qui est passé de 595 millions fc en 2000 à 408 fc en 2003 dont 378 destinés aux salaires et 25 millions pour les biens et services.
Une diminution qui serait parallèle à un déséquilibre de la répartition du personnel qualifié qui serait de 1,99 médecin pour 10 000 habitants en 2004, 2,7 infirmiers d’État pour 10 000 habitants. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.
Maoulida Mbaé
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