La Gazette

des Comores

Le rapport qui accable

  •  
  •   admin
Le rapport qui accable © : HZK-LGDC

Des recrutements à tour de bras, des actes signés en dehors des services habilités, des avancements de salaire en faveur de personnes en abandon de poste ou pire, des agents recrutés sans répondre aux critères établis par les cadres organiques. Autant de griefs révélant au grand jour la pratique d'une administration publique, à la merci des politiques.


En trois ans, au moins, la fonction publique du pays s'est transformée en une véritable jungle où tout se fait et tout est autorisé. C’est la conclusion d'une enquête interne de trois jours portant essentiellement sur « les actes ayant incidence sur la masse salariale signés durant les trois dernières années ». C’est ce l’on peut lire dans l'introduction de ladite enquête. Un document d'une dizaine de pages classé confidentiel et dont La Gazette/Hzk-presse a pu se procurer une copie.

L'enquête, dont les auteurs ne sont pas mentionnés -sûrement pour son caractère confidentiel- dévoile au grand jour les nombreuses irrégularités, les abus et le favoritisme dans l'administration publique malgré les nombreuses réformes menées dans ce secteur avec le concours des organisations internationales.

L’investigation révèle des recrutements à des postes budgétaires qui ne relèvent pas de leurs ministères d'origine, les ministères payent des agents qui ne sont pas réellement les leurs. Une pratique très répandue et qui aurait « contaminé » les administrations publiques insulaires.

Des recrutements déguisés en régularisation de la situation administrative et financière de certains agents ont été constatés. Le rapport accable les avancements dont ont bénéficié certains agents de l’État de certains ministères. Tous les ministères ne sont pas logés à la même enseigne : ce sont les agents du ministère des finances et du ministère de la FOP (fonction publique) qui ont bénéficié des avancements de salaires ces trois dernières années.

« Le nombre d'agents ayant bénéficié des avancements varie par ministère avec le plus grand nombre au ministère de la santé. Certains agents ont bénéficié jusqu'à cinq avancements. On y trouve aussi des agents en situation irrégulière (par exemple, en abandon de poste ou qui sont à l'étranger) qui ont été avancés », peut-on lire dans le rapport.

En ce qui concerne les primes de spécialisation ou bonification, le rapport déplore des attributions qui peuvent aller jusqu'à 400 points sans tenir compte du nombre d'années de formation effectuées.

Un rapport qui regrette la résurgence des problèmes qui ont été presque résolus. « Cela veut dire que des solutions réelles existent, mais qu'il y a une résistance au changement et aux réformes engagées », peut-on lire. Le document suggère une période de six mois « assez suffisante pour que des femmes et des hommes, animés d'une bonne volonté de servir la nation, puissent rétablir l'ordre dans le service public ».

Il faut savoir que l’effectif de la Fonction publique a explosé, au cours des cinq dernières années, passant de 10.000 à 13.000 agents pour l’ensemble de l’administration centrale et des entités insulaires. Quant à la masse salariale, elle a presque doublée au cours de la même période, passant de 1,1 milliards à 2,4 milliards fc par mois.

Maoulida Mbaé

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

Commentaires (0)