La Gazette

des Comores

Violences sur le terrain, le mal comorien

Violences sur le terrain, le mal comorien © : HZK-LGDC

Ceux qui ont assisté au match entre Volcan Club de Moroni et Ngaya Club de Mde nous décrivent une scène de guérilla pour qualifier les violences à un quart d'heure avant le coup de sifflet final. Et encore une fois, les mots sont faibles pour décrire l'innommable pour certains.


« On ne circonscrit pas le mal, on le décapite », ont coutume de dire les tenants de la ligne dure s'agissant des questions de violence en tout genre. C'est là où on en est avec le football Comorien. Le mal se bonifie au fur et à mesure, malgré des mesures disciplinaires de plus en plus sévères. Une énième attaque a été perpétrée contre les valeurs du sport samedi 5 mars dernier, lors de la demi-finale de la coupe des Comores entre Volcan Club et Ngaya de Mde. A quinze minutes du terme de la rencontre, une bagarre généralisée de la part des deux camps (supporters) a conduit à l'arrêt définitif du match par l'arbitre central.

 

Le président de la ligue Kaissane Hassani a dénoncé ce qu'il qualifie de "violence gratuite" en accusant des forces obscures d'attiser les tensions. « C'est une honte pour nous acteurs du ballon rond de voir des gens qui se disent amoureux de football, pervertir à ce point notre sport », lance le patron de la ligue de Ngazidja de football. Présent au stade de Moroni, le président a suivi avec impuissance tout le déroulé des événements.


À la suite de ces incidents et en attendant la réunion dans les prochains jours de tous les acteurs (sportifs, étatique, communal...), une cellule de crise de la ligue a décidé de suspendre la reprise du championnat qui était fixé pour ce mercredi 9 mars. Une note sine die allant dans ce sens sera envoyé aux différents clubs de l'île toutes division confondues dans les jours à venir.


Sans interférer dans les décisions des commissions disciplinaires et juridictionnelles, le président espère que les sanctions seront à la hauteur de l'acte indicible. Le président faisait sûrement référence à la décision qui doit être prise aujourd'hui même par la commission d'homologation et de discipline pour qualifier et mettre chacun des acteurs dans ses propres responsabilités. Pour montrer sa détermination à y mettre fin aux actes de violences, le président se dit ouvert à toutes les options qui vont dans le sens de la réduction voir de l'éradication de ce phénomène dans les stades.

D’ici et là, des voix commencent à s'élever pour demander carrément l'arrêt du championnat et de toutes les compétitions organisées dans l'île. Si les instances ne frappent pas là où ça fait mal, ces gens (faux supporters) là n'arrêteront pas de causer du tort un peu partout où ils se trouveraient. Parmi les options qui seront sur la table, il y a le huis clos imposé dans tous les stades de l'île. Sinon l'impossibilité de l'équipe fautive d'évoluer à domicile jusqu'à la fin de la saison. Pendant que les plus radicaux optent pour la rétrogradation carrément des clubs à l'origine de violence sur le terrain et en dehors. La réunion qui doit être convoquée par le président de la ligue dans les prochains jours risque d'être crucial pour les deux clubs fautifs mais, fondatrice pour l'avenir du football de Ngazidja.

AS Badraoui

 


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