La Gazette

des Comores

Violence dans les stades : Mbwanku, les vieux démons du passé ressurgissent-ils ?

Violence dans les stades : Mbwanku, les vieux démons du passé ressurgissent-ils ? © : HZK-LGDC

Malgré les efforts des instances dirigeantes du football, et la participation des collectivités locales pour assainir le ballon rond contre toute forme de violence, il existe, hélas des énergumènes, qui continuent à hanter nos stades et se nourrissent des violences dans les stades, et ne semblent avoir aucune limite dans leur enlisement. Avec le plus souvent conçue sur des problèmes identitaires, la violence trouve dans le football un terreau fertile pour son éclatement.


L’histoire a souvent tendance à bégayer, et il n’est pas du tout bon d’être un acteur quand cela arrive. Malheureusement, c’est ce qui est arrivé à un jeune supporter de FC Ndroude, répondant au nom d’Imamou, qui a eu presque la gorge coupée après une rixe avec des supporters du club de Nyumamilima Mbwanku. En attendant la fin de l’enquête et la responsabilité des uns et des autres, la ligue régionale de Ngazidja a déjà pris ses responsabilités en suspendant le championnat de la troisième division en évoquant une situation compromettante pour la sécurité des acteurs. « Suite aux incidents répétitifs et aux tensions observés lors des dernières rencontres, la Ligue constate une situation compromettant le bon déroulement de la compétition ainsi que la sécurité des acteurs du football et du public. »

De son côté, l’instance faîtière du football comorien, au-delà de la condamnation de ces actes barbares, en appelle à la retenue de toutes les parties. « En tant qu’instance garante du football aux Comores, la Fédération appelle l’ensemble des parties concernées à la retenue, au calme et à la responsabilité, afin d’éviter toute escalade de la situation. Elle invite également chacun à attendre les résultats de l’enquête en cours avant toute accusation ou conclusion hâtive. » Un rappel très important, quand on sait à quel point les esprits sont fragiles dans un tel contexte et peuvent être facilement manipulables, sous le coup de la passion. Dans son communiqué, la FFC a aussi réaffirmé son engagement, pour un football dont le fair-play reste le dénominateur commun. « La Fédération réaffirme enfin son engagement total en faveur d’un football comorien uni, sécurisé et respectueux des valeurs de fair-play. »

Ces événements malheureux ne sont pas, sans nous rappeler ceux, qui sont passés il y’a presque trente ans dans cette même région, dans ce même stade. En août 1996, un match opposant deux clubs de Hantsindzi et de Shezani a fini en horreur, avec la mort de quatre habitants de Hantsindzi. Un acte qui avait entraîné des représailles de la part de Hantsindzi tuant eux aussi quatre habitants de Shezani. Une bien triste réalité, mais qui illustre à quel point les passions peuvent conduire à l’irréparable. Si depuis les deux localités, ont trouvé une forme de consensus institutionnel, les habitants eux vivent avec ce spectre du passé, qui continue à hanter les esprits. Donc ce qui s’est passé le dernier weekend doit rappeler que les vieux démons du passé ne sont jamais loin, terrés dans la pénombre et prêts à ressurgir pour semer une fois de plus le chaos. À trois mois du trentième anniversaire de cette date macabre, les autorités compétentes doivent s’unir pour faire barrage à la violence, dans le milieu du sport et le football en particulier. 

Imtiyaz

 


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