72 heures après la formation des arbitres et assistants de la Fifa, dirigée d'une main de maître par des instructeurs internationaux du 24 au 28 octobre 2018 à Moroni, le chef de département des arbitres, Zeodine Abdou répond à nos questions. Pour la formation, le Djiboutien Mohamed Housseine dit Gaboni s'occupait de la partie physique et le Rwandais Ntangungira Celestin du domaine technique. Le stage était axé sur les tests physique, pratique et théorique. Interview.
Question : Dans quel climat se sont déroulées ces sessions de formation ?
Zeodine Abdou : D'abord, les stagiaires étaient composés essentiellement d'arbitres d'élite [arbitres fédéraux et de la Fifa, central et assistants, ndlr]. Tout s'est bien déroulé, sur le plan logistique, outils didactiques et infrastructures, et surtout sur le plan pédagogique. Ils ont travaillé dans un climat ouvert et sain d'émulation. Gaboni et Ntangungira ont une longue expérience. Ce sont des hommes de terrain. Les stagiaires ont rehaussé leur niveau.
Question : Les niveaux (différents) des participants n'ont-ils pas posé problème ?
Z.A : Ils avaient le même niveau. La différence résidait sur l'expérience. Les arbitres et assistant de la Fifa sont bien aguerris. La pédagogie participative adoptée a fasciné et motivé le groupe. Les stagiaires sont contents. Ils sollicitent l'organisation d'un séminaire, avec à l'appui, une projection, du genre vidéo, pour mieux consolider leurs acquis.
Question : Existe-t-il un bon ou mauvais arbitre ?
Z.A : (long silence, yeux écarquillés) Plausible ! Cela n'engage que moi. Un bon arbitre est celui qui maitrise la loi du jeu, qui a une très bonne condition physique. Vous savez, de nos jours, la proximité est primordiale. L'arbitre doit connaître le football et l’intelligence du jeu. Enfin, il est conseillé d’éviter les décisions hâtives. Elles peuvent être préjudiciables à l'équipe bénéficiaire. Eh bien, le mauvais arbitre, c'est l'inverse!
Question : Les femmes arbitres ont brillé par leur marginalisation. Êtes-vous contre la politique du genre ?
Z.A : Non ! Elles sont presque des débutantes. On a sélectionné des arbitres d'élite. Elles doivent améliorer leur niveau.
Question : Quelle est l'appréciation des instructeurs ?
Z.A : Ils sont émerveillés par l'accueil et motivé davantage par la disponibilité des stagiaires. Ils ont émis une recommandation enrichissante. Être très attentif et objectif au choix des arbitres, destinés à une formation ou à diriger un match. Gaboni et Ntangungira étaient aux Comores pour les besoins des arbitres comoriens. Seuls les meilleurs méritent donc une distinction, sans tenir compte de l'origine insulaire.
Question : Mais encore ?
Z.A : Bon, disons qu'ils étaient aussi un peu déçus par l'échec des trois arbitres de la Fifa, au test physique. Il y a aussi trois autres arbitres fédéraux qui ont échoué. Ils seront écartés par la Fifa. Ils doivent se préparer pour l'année prochaine.
Question : Un conseil ?
Z.A : L'ennemi du progrès c'est l'arrogance. Les arbitres ont intérêt à travailler davantage pour demeurer performants et être respectés.
Propos recueillis par Bm Gondet
Observation de la formation MA
Le Coda est un test de condition physique des arbitres et des assistants, respectivement de la Fifa, tous sexes confondus. Il évalue la capacité du stagiaire à changer de direction, à enchaîner les sprints de 30 mètres et à réaliser une série de courses rapides de 75 mètres, entrecoupées de séquences de marche de 25 mètres, sorte de récupération active. Egalement pratiqué un test d'agilité, pas vitesses et pas chassés.
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