Le terrain d’Oasis, « Concasseur » pour les habitués, est le lieu historique où se retrouvent les jeunes de la capitale plus particulièrement ceux du nord autour du ballon rond. Depuis des années cet espace est devenu une source de conflits entre les usagers et des propriétaires.
Un projet de la commune de Moroni de vouloir faire de cet espace une gare routière fait planer le risque d'un conflit entre les dirigeants de la capitale et les habitants dont les quartiers jouxtant le terrain et voire au-delà. C'est pourquoi des jeunes de la région Nord de la capitale ont entamé une série de rencontres avec les différentes autorités de la ville et de la région centre. Dans la matinée de ce jeudi 15 décembre, la délégation a été reçue en audience par le nouveau préfet du centre Abdullah Saad.
Depuis bientôt 30 ans, cet espace qui est devenu par la force des choses le lieu de rencontres par excellence de la jeunesse de la ville polarise les tensions entre ceux qui pensent que le terrain leur revient de droit et les nombreux propriétaires avérés ou supposés, État et privés confondus. Cette fois, la tension viendrait du fait que le nouvel édile de la capitale envisagerait de faire de ce terrain une gare routière pour nous dit-on accueillir entre autres les véhicules qui partent de la capitale vers d’autres régions de l’île. Une idée qui a du mal à passer auprès de la population, particulièrement les jeunes qui se retrouvent là tous les jours à cet endroit à casser le rythme infernal de la vie, en jouant au football, à la pétanque et d’autres activités.
Depuis peu, le terrain est utilisé par les écoles du secteur nord pour effectuer leur cours d'éducation physique, une façon de minimiser les risques auprès des jeunes écoliers qui devaient faire le trajet jusqu'à l'INJS au sud de Moroni avec tous les risques que l’on connait. « C’est toujours rassurant pour nous, parents, de connaître l’endroit où nos enfants se trouvent au moment où ils ont un peu de repos », se console un parent qui trouve que si le terrain devait disparaître ça serait l’ensemble des jeunes qui risquent de sombrer dans une délinquance que l’on a du mal à juguler.
Lors de la rencontre avec le préfet, la délégation a souhaité que ce dernier en tant que représentant de l’Etat dans la région centre puisse jouer pleinement son rôle pour éviter un embrasement plus que probable si le projet devait se faire sans qu'un dialogue ne soit engagé au préalable. « Le préfet nous a reçus et il a été attentif à nos doléances et nous a promis qu’il va engager des discussions avec les autorités compétentes (maire et député de la région nord, Ndlr) pour trouver la solution idoine afin d'éviter qu’un climat de défiance ne s’installe entre une partie de la population et le maire censé défendre leurs intérêts », s’est confié à nous un participant de la rencontre.
En effet, en tant que représentant direct du ministre de l'intérieur, le préfet a comme rôle principal de favoriser la cohésion sociale afin d'éviter que ne surgissent des actes devant conduire à des troubles à l'ordre public, ceci en application de la loi bien évidemment. Au cours de la même journée, la délégation aurait rencontré le député Aboubacar Said, toujours pour la recherche d’une solution afin que la situation ne dégénère. Dans ce genre de situation, il faut surtout éviter l’affrontement car à la fin c’est tout le monde qui se retrouve perdant. C’est le dialogue qui doit être le fil conducteur pour toute solution.
ASB
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