C’est en tout cas l’avis de la presse italienne qui ne cesse d’encenser l’exploit du technicien transalpin, qui vient de faire qualifier l’équipe nationale des Comores pour une deuxième Coupe d’Afrique des Nations. Dans Chronache Di Spogliatoio (l’actualité des vestiaires), le journaliste italien, Alessandro Lunari revient sur la carrière de Stefano Cusin, qu’il qualifie volontiers de globe-trotter.
C’est au Cameroun que la carrière africaine de Stefano Cusin a débuté, nous fait dire le confrère italien. « Le voyage de Stefano commence au Cameroun. C’était en 2003 et l’opportunité s’est présentée par hasard grâce à un ami ». Une décision qui ne faisait pas l’unanimité chez la famille, qui avait des réticences à voir leur enfant partir loin, et surtout dans un continent où les habitants ont justement l’habitude d’émigrer pour gagner leur vie en Europe en particulier. C’est la remarque que lui aurait faite son beau-père. « Je me souviens que mon pauvre beau-père était là et qu’il m’a dit : 'Tu es sûr ? Vous avez un enfant. Tous les Africains viennent en Italie pour travailler, comment pouvez-vous y aller et gagner de l’argent ? Mais j’étais à l’arrêt, je sentais que c’était mon chemin ».
C’est à partir de cette décision que la légende de Stefano Cusin est née. « Un jour, il m’a dit : «Il faut qu’on trouve une connexion avec l’Afrique pour le tournoi de Viareggio ». Nous entrons en contact avec un agent camerounais, frère du vice-président de leur Fédération. Ils m’invitent à faire une sélection de leurs jeunes. C’est un succès : l’équipe que j’ai choisi a remporté la Coupe d’Afrique des Nations U17, et ensuite est allée à la Coupe du monde. À partir de ce moment-là, ils m’ont proposé de commencer en tant qu’entraîneur des U20. Je me suis dit : « J’ai 35 ans, c’est maintenant ou jamais. Je serai toujours à temps pour rouvrir mon entreprise, c’est un train à prendre » résume, Stefano Cusin.
De cette aventure africaine, l’italien connaitra d’autres pays sur d’autres continents avec des succès à la clef. De la Lybie où il sera champion avec le club d’Al-Ittihad de Tripoli, aux Emirats Arabes-Unis, en passant par l’Arabie Saoudite, Cusin connaitra bien des aventures. Mais sa rencontre avec Walter Zenga en 2016 fera prendre à sa carrière une autre trajectoire. C’est lors d’une rencontre en le club de Catane alors entrainé par Zenga, et Botev Plovdiv une équipe Bulgare sous les ordres de Cusin, que les deux hommes se sont connus. « Je ne le connaissais que de nom, pas personnellement. L’un des organisateurs du match a été prophétique, il m’a dit : 'Regardez, Walter n’a pas le deuxième. Pour moi, il peut beaucoup aimer quelqu’un comme vous. Qui sait, peut-être qu’une opportunité pourrait surgir d’une rencontre fortuite », nous sommes en 2008. De cette rencontre naitra une collaboration de 7 ans, qui les mènera de Wolverhampton aux Emirats Arabes-Unis et tant d’autres pays.
Ensuite Stefano fera un retour sur le continent, en Afrique du Sud pour entrainer les Black Léopards, une aventure de quelques mois. « J’ai eu des difficultés avec le climat, mais surtout avec le club et le championnat. J’avais un contrat de trois ans, mais au bout de quelques mois, je suis parti », du aussi à un climat social pas commode. Ensuite, il tentera l’aventure dans le golf persique avec le club iranien de Shahr Khodro. « Quand je suis arrivé en Iran, le pays était au bord de la guerre. À l’aéroport, j’ai été arrêté par la police : pendant deux jours, j’ai été enfermé dans une pièce en attendant que mes papiers soient vérifiés. Ils pensaient que j’étais un espion. Surréel ».
Avant le COVID, Stefano a réussi à s’imposer : « Nous avons réussi à nous qualifier pour la phase de groupes de la Ligue des champions asiatique. Toute la phase précédente, nous l’avions jouée à l’extérieur parce que l’AFC avait interdit notre terrain. Malheureusement, avec la pandémie, le club a fait faillite ».
Avant les Comores, il fait un crochet au Soudan du Sud, ou il avait la charge de l’équipe première, puis sonne l’appel de la FFC. Son rêve est de jouer avec les Comores une Coupe du Monde. « Le rêve ? Jouer une Coupe du monde avec une équipe nationale africaine. Avec les Comores ? Il ne faut jamais dire jamais » et il sait qu’avec le mental et l’état d’esprit de l’équipe tout est possible.
Imtiyaz
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