Contrairement aux habitudes, la lutte gréco-romaine peut aussi se pratiquer dans du sable, et celui des plages et le plus appropriés. Et ce fut le cas durant le dernier weekend du mois d’août à la plage d’Itsandra et à Ikoni. Des démonstrations, qui ont mobilisé une foule immense, venue encourager et découvrir la lutte sur sable.
Si l’organisation de ces deux jours de démonstration a été saluée par des nombreux observateurs du monde sportif, le contexte ne s’y prête pourtant pas. Engouffrée dans une crise institutionnelle depuis bientôt deux ans, la fédération comorienne de lutte associée se trouve avec deux bureaux exécutifs. Celui présidé par Abdallah Gigi, reconnu, nous dit-on par le COSIC, et l’autre bureau sous la direction de Ibrahim Mansour. Ces deux représentations polarisent tellement de tensions, qu’aucune issue ne semble à ce jour envisageable. Pourtant, dans cet océan de chaos, des initiatives sont entreprises pour essayer de maintenir les athlètes dans une certaine forme. « On pense que dans la situation où se trouve notre sport, l’objectif et de faire en sorte que les athlètes soient le moins impactés. C’est pourquoi avec le peu de moyens que nous avons, nous essayons d’organiser ces genres d’événements pour montrer que la Lutte existe bel et bien malgré la crise », disait Ibrahim Mansour, le président élu en 2024. Reste que, malgré cette crise de légitimité et l’absence de reconnaissance officielle de son bureau, la structure dirigée par Ibrahim Mansour continue d’occuper le terrain.
Démonstrations, encadrement des athlètes et initiatives de promotion de la discipline, autant d’actions pour de ne pas laisser la lutte sombrer dans l’immobilisme. Une manière, pour ses dirigeants, de maintenir les pratiquants en activité et de préserver les acquis construits au fil des années. Car derrière la bataille des bureaux et des reconnaissances institutionnelles, ce sont surtout les athlètes qui risquent d’en payer le prix. En poursuivant ses activités, la fédération entend donc maintenir un minimum de vie sportive, en attendant qu’une solution soit trouvée. Le travail se poursuit ainsi, malgré les obstacles, les incertitudes et l’absence de reconnaissance qui entourent encore cette représentation. Une preuve, s’il en fallait, que la lutte comorienne tente de rester debout, même lorsque son propre cadre institutionnel vacille.
Cette présence n’est pas que sur le plan sportif. Au niveau des instances internationales et régionales, Ibrahim Mansour essaie de maintenir la présence comorienne. Ainsi, dans un courrier en date du 31 août dernier, le président de la Confédération Africaine, Fouad Meskout a informé son bureau et les présidents des fédérations de la décision de la faîtière internationale d’annuler 6000 €, qui était la condition de participation aux deux prochains congrès de l’United World Wrestling. Et la fédération peut s’estimer heureuse de compter parmi celles-ci. Seul problème, on ne sait pas de qui des deux présidents de cette fédérations pourra apposer sa signature au bas du document portant annulation de cette dette. Une situation pour le moins paradoxale à l’international. La lutte comorienne semble bel et bien avoir une place, mais à l’intérieur du pays, sa représentation reste profondément divisée. Une reconnaissance qui pose dès lors une question simple : qui, au nom de la fédération comorienne, est réellement habilité à engager celle-ci ? Car si deux présidents revendiquent la légitimité, lequel pourra demain répondre des actes posés au nom de la fédération ? Cette ambiguïté ne risque-t-elle pas, à terme, de fragiliser la présence comorienne dans les instances internationales ? Des questions qui restent sans réponse.
Imtiyaz
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