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des Comores

SASA : « Nous sommes là pour l’intérêt général du football et du pays »

SASA : « Nous sommes là pour l’intérêt général du football et du pays » © : HZK-LGDC

A quelques jours de l'ouverture de la Coupe du Monde (20 novembre) au Qatar, le patron du football comorien, Saïd Ali Said Athoumane revient sur quelques faits marquants de l'année 2022 et sur les perspectives d’avenir au niveau de la grande famille du football. Le président répond aux questions de La Gazette des Comores HZK-Presse, quelques jours après la tenue de l'Assemblée Générale Extraordinaire de la FFC.


Question : Cela fait deux ans que vous êtes à la tête de la FFC, quelle est votre plus grande satisfaction et votre regret s’il y en a ?

Saïd Ali Said Athoumane: Notre plus grande satisfaction, c’est le fait que nous sommes parvenus à installer dans la durée la visibilité de notre football à travers les Cœlacanthes, ce qui nous a permis de gagner en notoriété au niveau international. Une notoriété qui s'est matérialisée comme vous l’avez tous constaté récemment lors de notre rencontre avec le mondialiste tunisien. Vu les enjeux, la Fédération Tunisienne de Football aurait pu choisir une nation plus puissante que la nôtre pour jouer son match de préparation mais, vu la qualité de jeu que nous sommes en train de développer, elle a vu en nous un bon sparring partners. Tout ça, c’est la somme de plusieurs années de travail. Donc la finalité de tout ça, c’est de progresser et jouer dans la cour des grands. Regret, non je ne crois pas qu’on puisse en avoir vu le chemin parcouru, seulement on aurait aimé qu’on aille un peu plus vite mais, les moyens étant, on est obligé d’aller à notre rythme. Maintenant, ce qui nous reste c’est de pérenniser nos acquis et d'ouvrir des nouveaux horizons pour notre jeunesse surtout à travers des compétitions à l’international. Cette notoriété ne se cantonne pas que sur le plan sportif, mais il y a un rayonnement de notre football au niveau des institutions internationales, Kanizat à la CAF, Said Bouhtane au niveau de la Commission des jeunes et moi à la vice-présidence du COSAFA ainsi que tant d’autres.

 

Question : Que pouvez-vous dire de l'année de 2022 où nous avons connu un ascenseur émotionnel que ce soit durant la CAN 2021, un bon début d’éliminatoire CAN 24, ensuite la machine s’est grippée à la fois au niveau des résultats mais surtout à la polémique qui a suivi l’affaire Kassim Abdallah ?

 

SASA: Sur ce dernier point, disons que c’est un malentendu. Nous avons une bonne collaboration avec le staff et nous sommes entrain de travailler ensemble pour redonner un nouveau souffle aux Coelacanthes. Au delà de toutes considérations, c’est l’institution qui doit être au dessus. Aujourd’hui on est là, demain il y aura d’autres à notre place mais l’essentiel dans tout ça, c'est l’institution. Et nous et eux, sommes là pour l'intérêt général du football et du pays. Maintenant sur le plan des éliminatoires de la CAN 24, je pense que nous sommes dans un groupe qui est ouvert, à part la Côte d’Ivoire qui est déjà qualifiée tout est possible pour les trois autres, même le Lesotho peut espérer n’en parlons pas de nous. Sur nos deux matchs amicaux, je ne crois pas que ce soit une aberration qu’on ait perdu contre la Tunisie et le Burkina Faso, des équipes qui sont mieux classées que nous et qui ont de l'expérience du haut niveau international. Certes, on a perdu mais dans quelle condition, nous avions beaucoup d'absents et pas les moindres, ce sont les cadres de l'équipe. Le fait que certains d’entre eux n’ont pas de club a conduit le sélectionneur à ne pas les appeler, un choix courageux qu’il faut saluer. Ailleurs, peut être il y a des pays qui le font mais, pour la sélection c’est l’excellence, c’est la performance donc il faut être en forme pour y être. Ces absences, bien que préjudiciables, nous ont permis d’appeler des nouveaux joueurs (6) et élargir un peu plus le champ du sélectionneur.


Question : Nous avons un déficit au niveau des techniciens de haut niveau, où en sommes nous avec le programme de formation des cadres dont vous nourrissez beaucoup d’espoir ?

SASA : Bien évidemment, c’est parmi nos priorités avec le programme de développement des infrastructures avec la Fifa. Nous avons avec la Fifa un programme d'amélioration de nos infrastructures notamment le centre technique de Mitsamiouli et des antennes à Mohéli et a Anjouan. Tout ça pour permettre une certaine facilité au niveau du regroupement de nos jeunes. Ces centres vont aussi de pair avec la formation des cadres techniques, car c’est bien beau d’avoir les infrastructures mais quand on n’a pas les compétences ça ne sert à rien. Sur la formation, nous avons un objectif à terme d’avoir des cadres avec des licences A et B. Nous avons été retenus dans le Programme de Soutien Technique de la Fifa (PST). Mais, ce dernier est en train d'être redéfini et amélioré donc, dès que ca sera possible nous allons intégrer ce nouveau programme au bénéfice de nos cadres. 

 

Question : A part la rénovation du centre technique, on nous parle d’un projet d'équiper 10 terrains en terre stabilisée, d'où vient ce financement ?


SASA :
Ce sont des financements de la Fifa. On a des projets pour le siège de la FFC et des réhabilitations des ligues au niveau de Mohéli et d’Anjouan. Il y a aussi la rénovation et la mise aux normes du stade de Hombo à Mutsamudu. En 2019, nous avions fait une demande de financement de nos projets d’infrastructures, mais entre temps il y a eu la COVID et la période de normalisation, mais récemment ils nous ont répondu officiellement qu’ils vont financer les travaux et même des montants ont été définis, que ce soit au niveau des études (100 000 USD) et à peu près 400 000 USD pour les travaux de rénovations des stades de Moroni, Mitsamiouli et Hombo. Maintenant nous attendons l'exécution de celle-ci par le bailleur, en l'occurrence la fondation Fifa.

Question : La FFC a des programmes de coopération avec plusieurs fédérations étrangères notamment celle du Maroc et de la France. Où en est la coopération avec celle de l'Arabie-Saoudite. Concrètement, en quoi consiste cette coopération ?

SASA : C’est beaucoup plus cantonné aux activités que ce soit celles des Cœlacanthes ou autres. Vous avez vu durant notre préparation à la CAN 21, ils ont pris en charge notre transport jusqu’en Arabie Saoudite et de là-bas vers le Cameroun. Pendant les dix jours passés là-bas, on était au frais de l’Arabie Saoudite, ce qui implique des moyens financiers conséquents. Au mois de janvier  et c’est officiel, nous allons participer à un tournoi de football féminin là-bas avec un autre pays qui reste à définir et c’est eux qui vont prendre tout en charge. Tout ça joue dans le développement du football au niveau des deux pays par la mise en place d’activités dont des stages. La coopération peut s'élargir aussi à des programmes de formations.

Question : Notre pays a participé durant cette année finissante à plusieurs compétitions ne serait-ce au niveau COSAFA. Ces participations relèvent-elles d’une quelconque exigence ou est-ce un choix de votre part de renvoyer une image positive du football comorien en tenant compte de peu de moyen de la FFC ?



SASA: Non, il n’y avait aucune exigence de participation surtout dans cette période dite (2019-2022) de COVID19. Seulement parmi les critères d'être éligible à l’assistance Fifa, c’est bien évidemment qu'une partie des aides octroyées par la Fifa soit utilisée à la participation des compétitions internationales et régionales. Nous avons fait ce choix pour encourager nos jeunes, car l’objectif de tout un sportif c’est d'évoluer un jour en sélection nationale quelque soit la catégorie d'âge. C’est aussi une façon pour nous de voir là où on est en termes de niveau par rapport aux autres pays et de mesurer le travail qu’on doit encore mettre en place pour arriver à des sommets jusque-là inatteignables. C’est aussi une façon de renforcer notre visibilité. Nous étions parmi les 6 pays à avoir pris part à la ligue des champions féminine au niveau de la zone 6, sur 14 fédérations possibles, c’est une performance qu’il ne faut pas négliger. Une dernière chose, c’est saluer les efforts de l’Etat qui est toujours présent à chaque fois que nous avons fait la demande, malgré un contexte interne des plus difficile. C’est notre partenaire majeur de notre football.


Propos recueillis par AS Badraoui

 


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