C’est finalement dans l’après-midi du 21 décembre que la cérémonie officielle de remise du prix du Manager Sportif de la Sous-région Afrique de l’Est a eu lieu au palais du peuple de Moroni devant un parterre d’invités. Une cérémonie de consécration tout en sobriété pour respecter le deuil national suite au passage du cyclone Chido, le 14 décembre dernier.
« C’est le sacre avant tout d’une conviction, d’une idée et d’une forte abnégation qui a toujours animé le président de l’instance faitière du football comorien », c’est en tout cas ce qu’a déclaré Yves Alain Fofie, le président du think thank africain (International Committee of Excellence) lors de la cérémonie de remise du prix Manager sportif de la Sous-région Afrique de l’Est au président de la Fédération de Football des Comores. Une conviction, c’est ce qui anime en réalité la démarche de Said Ali Said Athouman, depuis qu’il a pris les rênes du football comorien en 2021. Né dans le Moroni des années 60, à l’époque coloniale, SASA a fait ses études primaires au pays avant de passer son Baccalauréat à l’Académie d’Amiens en France au milieu des années 1980.
Après une licence de criminologie à l’institut de criminologie de l’université Paris 2 Assas, qui le promettait à une carrière d’enquêteur, Said Ali se lance dans les études commerciales et économiques en obtenant un Diplôme d’Etudes Professionnelles Approfondies (DEPA-Master en Entreprenariat) de l’Agence Universitaire de la Francophonie à l’ile Maurice. Secrétaire général de l’Union des chambres de commerce d’industrie et d’agriculture (2008-2015), négociateur commercial, directeur commercial et membre du comité de gestion de l’établissement MA-MWE entre 2002 et 2006. Il abandonne pourtant cette carrière d’administrateur pour se consacrer à son dada, le football à partir de 2007 en intégrant le comité exécutif de la FFC.
Devenu président en 2021, il ne cesse d’imposer son image d’homme de conviction en opérant des changements en profondeur dans la gestion de l’instance faitière, mais aussi en intégrant des nouveaux outils pour faciliter le travail de son administration. Avec le système d’enregistrement FIFA Connect en place depuis des années, le président Said Ali a fait en sorte que les Comores soient parmi les trois premiers pays africains à intégrer la plateforme FCMS (Football Competition Management System) qui gère les compétitions. De l’enregistrement des joueurs, aux rapports des officiels en passant par tant d’autres possibilités données aux utilisateurs pour leur faciliter le travail. Aujourd’hui à l’heure de la technologie avancée, FCMS propose aux clubs qui n’ont pas encore de site internet de leur en créer un.
Sur le plan de la communication, dès son arrivée à la tête de la FFC en février 2021, il s’est mis à l’idée de relancer la digitalisation de l’institution. Et depuis deux ans, les pages Facebook et Instagram ne cessent de gagner en abonnés, et il y’a une année après des années d’inactivité, le site de la fédération www.fedcomfoot.com est de nouveau accessible avec des informations régulièrement postées. Sur le plan de la formation des cadres, la FFC organise tous les ans des formations en faveur des cadres du football comorien. Depuis fin 2022 les Comores ont la possibilité de former avec des instructeurs locaux des entraineurs avec une licence CAF. Pas plus tard que l’année dernière, une soixantaine de techniciens avaient validé la licence C CAF et bientôt, une formation pour l’obtention de la licence B CAF va débuter.
L’arbitrage comorien a aussi bénéficié de ces nombreuses formations. Chaque année depuis quatre ans, les hommes en noir bénéficient de quatre formations M.A en faveur des arbitres de l’élite, des instructeurs, des arbitres du Beach-soccer et Futsal. Cette multiplication de l’appui de la part de la FIFA a fait en sorte que les Comores comptent aujourd’hui huit arbitres internationaux, une véritable prouesse quand on connait le niveau de l’arbitrage comorien, il y’a une dizaine d’année.
Grace à la vision du président Said Ali et son sens du management acquis lors de ses nombreux passages dans les sociétés d’Etat et dans l’administration, la FFC évolue depuis l’année dernière avec un budget programme défini dans sa stratégie quadriennale (2023-2026) validé par la FIFA dans le contrat d’objectif signé fin 2023. C’est ce même budget qui a permis le déblocage des fonds du programme FORWARD 2.0 (2 500 000 US) pour la réhabilitation du centre technique de Mitsamihuli, le projet phare de cette mandature finissante. D’autres stades en sont bénéficiaires (Hombo, El-Hadj Matoir, Hassane Soilihi).
Aujourd’hui président de la COSAFA, son leadership a contribué au renouveau de la sélection nationale propulsée à la 103e place au classement mondial. La décision historique de changer de staff en octobre 2023 malgré un courant réfractaire a permis aujourd’hui le retour en force de cette équipe au niveau continental. Au niveau international, les chiffres parlent d’eux-mêmes. En une année, l’équipe est passée de la 128e à la 103e place au classement FIFA, faisant des Cœlacanthes la meilleure équipe de l’Océan Indien. Ce n’est donc pas un hasard si la FIFA cite Les Comores comme « Un véritable symbole de succès pour les pays émergents. » Modeste, le président a parlé d’un travail collectif. « Certes, c’est à moi qu’on attribue ce prix, mais à travers moi, c’est le Comité Exécutif dans son ensemble, c’est l’administration, ce sont les joueurs et le staff, les supporters, mais aussi l’Etat et le chef de l’Etat en particulier notre premier partenaire ».
Imtiyaz
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