C’est rare pour être souligné, mais quand ça arrive il faut le dire, il faut même l’écrire. Habituée à ramasser des valises, l’équipe nationale des Comores a cette fois rendu la monnaie de sa pièce à une équipe soudanaise, qui a dû se rendre dix-sept fois au fond de ses filets pour remmener la balle au centre du terrain. Un calvaire, on imagine, pour la pauvre gardienne de but des crocodiles du Nil.
Par cette victoire, l’équipe nationale de football féminin, signe la plus large victoire d’une équipe nationale comorienne de l’histoire, toutes époques, et catégories confondues. À Casablanca, les joueuses du sélectionneur Youssouf Abdallah, ont plié l’affaire dès la première période en infligeant un cinglant 7 buts à rien aux blancs du Soudan. Les filles se sont en effet, facilités la tâche en inscrivant coup à coup 6 buts entre la 40e et la 45e minutes, après avoir ouvert auparavant le score par Fatima Madjiri à la 8ème minute de jeu. En deuxième mi-temps, les filles ont déroulé leur football en inscrivant dix autres buts, pour remmener le score à 17 buts à zéro. Cette victoire permet en tout cas à l’équipe comorienne d’aborder le match retour avec beaucoup plus de sérénité, tout en espérant progresser au classement FIFA. « En attendant le match retour du 8 juin, les joueuses de Youssouf Abdallah, ont toutes les chances de progresser au classement, et de consolider leur statut de deuxième nation féminine de l’océan indien derrière les Seychelles (175e).Une performance qui viendrait confirmer les progrès constants réalisés par la sélection nationale », à en croire la Fédération de football des Comores.
Ce résultat, et les progrès constant ces derniers temps ne seraient pas le fruit du hasard, selon toujours la faîtière du football comorien. « Cette progression est avant tout le fruit des efforts et du talent des joueuses, du staff, de la Fédération de Football des Comores (FFC) en faveur du développement du football féminin, notamment par la création de la Ligue Nationale de Football Féminin, ainsi que du travail remarquable accompli par la Commission Nationale du Football Féminin. Ensemble, elles contribuent à l’essor de la discipline. » En effet, sous l’égide de son président, le Général de Brigade, Youssouf Idjihadi, la CNFF a opéré des changements profonds dans le management du football féminin, en misant surtout sur la recherche de partenaires externes accompagner la fédération dans sa politique de développement.
Si tout n’est pas encore rose, la volonté affichée autour de l’écosystème du football féminin est de faire évoluer les choses. Les actes posés ces dernières semaines, notamment la mise en place d’une détection nationale en faveur des jeunes filles entre 11 et 14 ans, illustre parfaitement cette nouvelle dynamique impulsée par la FFC. Si la victoire contre le Soudan, n’est pas à boudée, elle doit tout même rappeler aux dirigeants, que l’objectif prioritaire reste le développement du football féminin local, qui reste très en retard par rapport à son homologue masculin. Pour envisager un vrai développement de la discipline auprès de la gente féminine, il faut faire jouer les enfants dès leur jeune âge (4-5 ans), pour qu’elles aient la capacité d’assimiler les gestes et d’avoir une bonne coordination avant d’atteindre l’âge de sept ans.
Imtiyaz
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