Le rêve s’est transformé en réalité le samedi 9 décembre lorsque Youssouf En-Nesyri a atteint la lumière des portugais pour rallumer celle du Maroc et au-delà celle de tout un continent.
Il faut remonter à vingt ans pour voir une équipe qui ne vient pas d’Europe ou d'Amérique Latine accéder à cette phase de la compétition. Cette année-là, la Corée du Sud, co-organisatrice de la compétition, s’est vu barrer la route de la finale par l'Allemagne, pour la petite histoire, c’est le Brésil qui l’a emporté pour signer leur cinquième titre.
L’exploit des lions de l’Atlas est d’autant plus retentissant que c’est la deuxième fois de l’histoire que cela se réalise. La première fois fut la qualification des Etats-Unis pour la toute première coupe du monde en Uruguay. Cette année-là, les nord-américains ont été corrigés (6-1) par l’Argentine qui a perdu à son tour en finale contre l’Uruguay.
La meilleure défense (1 but encaissé) de la compétition présente un bilan plus que positif à ce stade de la compétition. La victoire du Maroc (1-0) face au Portugal signe carrément un tournant dans l’histoire du football mondial et africain en particulier. Une performance que les équipes africaines sont appelées à perpétuer dans les années à venir notamment lors du prochain mondial en 2026 ou le continent aura au minimum 9 représentants au lieu de cinq depuis 1998.
Que du chemin parcouru par les nations africaines entre la première participation de l’Egypte en 1934 alors sous l’emprise du roi Farouk et la première participation d’une équipe sub-saharienne (Zaïre) en 1974, le continent aura connu des transformations. L'époque où les nations africaines étaient dirigées systématiquement par des entraîneurs étrangers est presque révolue. A travers des programmes de formation, la Confédération Africaine de football a mis un accent ces dernières années sur la formation des techniciens du continent pour leur donner les outils nécessaires au management des équipes nationales.
En juin dernier, la CAF avait organisé au Maroc comme une évidence la dernière séance de formation au bénéfice de 23 entraîneurs afin de les doter de la Licence-Pro CAF. « C’est la qualification la plus élevée dans les structures de formation des entraîneurs de la CAF, qui équivaut à toute qualification d'entraîneur de haut niveau dans le monde » disait dans un communiqué la CAF. Deux des 23 distingués par cette licence africaine ont eu à diriger leur nation lors de cette coupe au Qatar. Le sénégalais Aliou Cissé mais surtout Walid Regragui le sélectionneur du Maroc demi-finaliste de la coupe du monde.
Si ces efforts sont à saluer, que dire de la formation au niveau des académies africaines qui ne cessent d'être des véritables lieux de détection des futures stars du continent. Youssouf En-Nesyri, le buteur contre le Portugal est un pur produit de cette formation africaine. Ne a Fes il y’a 25 ans, il est passé par l’académie Mohammed VI avant de rejoindre Malaga CF et atterrir au FC Seville en 2020. Ce Mercredi, c’est un milliard d’africains qui seront derrière les rouges marocains pour faire définitivement entrer l'Afrique dans l’histoire du football.
AS Badraoui
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