La Gazette

des Comores

Prime de match, le cauchemar des sélections africaines

Prime de match, le cauchemar des sélections africaines © : HZK-LGDC

Le problème des primes en Afrique est un long serpent de mer, qui réapparaît de temps en temps au gré des compétitions (continentales ou internationales) où prennent part les sélections africaines.


La désorganisation des pays africains ne se cantonne pas tout simplement dans la mauvaise conduite des affaires de l'État. Elle s'étend à bien d'autres domaines notamment sportifs.
Le problème récurrent des primes de matchs est devenu la marque de fabrique des pays africains à chaque grande compétition internationale tous sports confondus. Le football tout de même détient la Palme d'or. En 2014, à quelques jours du début du mondial Brésilien, la sélection camerounaise avait manifesté son mécontentement et menacé de ne pas jouer le mondial si la prime de 120 000 000 CFA pour chaque joueur n'était versée. En 2010 la prime de 45 000 000 CFA a été versée à la dernière minute pour éviter aux mêmes camerounais de boycotter le mondial Sud-africain. Lors de la CAN gabonaise en 2017, la RD Congo avait elle aussi brandi la menace de boycotte si les primes n'étaient pas versées. Cette gangrène ne concerne pas que les "États faillis". Des pays relativement stables et crédibles sont aussi touchés parfois par ces problèmes. En 2015, la Côte d'Ivoire sacrée championne d'Afrique était confrontée aux mêmes soucis. Sur les 3 500 000 000 CFA alloués aux Éléphants, 600 000 000 CFA ont été volatilisés, et des joueurs en ont pâti de leurs primes.


Aux Comores les primes de matchs et autres participations ne sont pas aussi colossales que ce qu'on trouve ailleurs dans le continent. Néanmoins, à chaque sortie, les cœlacanthes perçoivent différentes primes. Si les Comores n'arrivent pas à la hauteur des pays comme l'Afrique du Sud ou l'Angola, les deux géants de la zone 6 (COSAFA) de la CAF. L’archipel rivalise tout de même avec d'autres pays bien plus riches que le nôtre. Un pays comme Djibouti a choisi d'éliminer les primes de présence. Pour chaque sortie de sa sélection, chaque joueur perçoit 800€ en cas de victoire et 400€ pour un match nul. Le Botswana avec un PIB par habitant de plus de 5000€ paye seulement 500€ la victoire.

 

Toujours dans la région COSAFA, le Malawi pays avec une richesse 10 fois plus importante que la nôtre (10 milliards/€ PIB) ne fait guère mieux. Pour leur présence, les joueurs perçoivent des primes de 500$ et 1000$ pour une victoire. Durant le regroupement, chaque joueur touche 100$ par jour. Aux Comores, depuis l'avènement des cœlacanthes, les différents gouvernements ont toujours considéré la question de l'équipe nationale comme prioritaire.
On nous dit que l'État aurait dépensé plus d'un milliard de nos francs pour la prise en charge de tout ce qui est dépenses lors de la dernière CAN au Cameroun.

 

Si jusqu'à maintenant comme tout ce qui concerne les chiffres aux Comores, les primes des verts restent un secret bien gardé. Des gens bien informés avancent quelques chiffres. Pour une victoire, chaque joueur des cœlacanthes toucherait environ 1000€. Pour chaque regroupement, chaque joueur touche une prime de présence de 1000€ et 300€ par jour.
Autant dire une misère pour nos expatriés, mais un effort conséquent pour un pays aux moyens limités comme le nôtre. Le problème n’est pas plus un problème de moyens qu'organisationnel. Il est temps que l'État cesse de toujours vouloir régler les problèmes dans l'urgence et mettre en place un programme de planification ou les charges seront répertoriées pour éviter les flottements de dernières minutes.

 

AS Badraoui

 


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