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des Comores

Natation: Maesha Saadi, l'arbre qui cachera la forêt

Natation:  Maesha Saadi, l'arbre qui cachera la forêt © : HZK-LGDC

Mise comme tête de gondole depuis près de trois ans pour démontrer le bon état de santé de la natation comorienne, Maesha Saadi a les épaules de plus en plus frêles pour cacher les limites d'un système instauré depuis des années au sein de la Fédération Comorienne des Sports Aquatiques (Natation), qui allie favoritisme, gestion opaque et népotisme. Une situation qui commence à irriter au plus haut sommet du sport comorien. Malgré tout, les dirigeants de la natation comorienne continuent à avoir la confiance de ceux-là même qui les critiquent en coulisse. Une dichotomie qui s'expliquerait, par une peur partagée de voir des secrets révélés au grand jour. Incontestablement c'est l'une des athlètes qui a présenté le plus de progrès dans sa discipline durant les trois dernières années.


Ancienne du Tennis, où elle était considérée déjà, comme l'une des meilleures, Maesha Saadi s'est depuis recyclée et évolue désormais dans les bassins du monde. Et depuis trois ans, elle n'a cessé de progresser en termes de temps en battant presque tous les records nationaux de ses disciplines de prédilection (50m, nage libre, brasse, 100m et 200m nage libre). Ces dernières années, elle a représenté fièrement les Comores dans plusieurs compétitions (Championnat d'Afrique, jeux Olympiques, championnat du monde, Open de Natation...) avec à chaque fois des résultats satisfaisants, eu égard du nombre d'année qu'elle pratique la natation. Si le COSIC, et il faut le reconnaître, est pour beaucoup dans l'éclosion de la jeune athlète, il y'est aussi dans son silence face aux nombreux dysfonctionnements de la Fédération de Natation. Très souvent la gestion par le président de cette fédération est dénoncée après chaque sortie de délégation, et jamais le COSIC n'a pris le problème au sérieux, c'est à peine s'il a fait un rappel à l'ordre à demi-mot. On se souvient de la sortie du président du COSIC lors d'une réunion avec les présidents de fédérations en août 2025, les rappelant à l'ordre. « Ibrahim Mze Mohamed a rappelé que chaque compétition doit être pensée et conduite dans le cadre de la bonne gouvernance, afin de servir l'intérêt général et la réussite de nos jeunes talents », pouvions-nous lire à l'époque sur une publication du COSIC.

Selon des indiscrétions, l'intervention du président du COSIC faisait suite à des nombreux manquements constatés lors des derniers jeux des jeunes de l'océan indien, où la délégation de la natation avait l'air d'une colonie de vacances. Un journaliste présent nous l’avait confirmé. « Je ne comprends pas, comment est-ce que le COSIC peut laisser faire une telle chose. Une délégation ou l'on trouve des membres de la famille du président de la Fédération mais aussi des jeunes filles qui n'avaient rien à avoir avec la natation ». Des propos confirmés par une source au sein du COSIC. « Au lieu de parler des fédérations qui essaient de faire quelque chose, dénonçait plutôt ce qui se passe avec la natation, et son président qui n'hésite pas à placer des gens de sa famille dans chaque délégation. Malgré tout cela, Halifa Mlamali, continue de jouir de la confiance, et du COSIC et du COJI-COMORES dont il vient justement d'être nommé président de la commission de préparation des athlètes pour les prochains jeux des îles.

Cette promotion, si nécessité, dénote en tout cas, un état d'esprit général au sein des instances sportives comoriens, qui cultivent une certaine culture d'entre soi, ou tout en faignant de critiquer, on préfère rester dans l'immobilisme au lieu de dénoncer réellement au risque de se voir dénoncer à son tour. Une posture d'impunité, qui joue le jeu d'une frange de personnes, mais qui au final est préjudiciable au sport comorien. Jouer donc sur l'image d'une jeune athlète pour montrer que tout va bien, ne rien d'autre que repousser l'inéluctable sur les dérives d'un système qui n'a que trop duré.

Imtiyaz


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