Depuis un moment, une rivalité de compétences fait rage au sein du mouvement sportif national. Chacun campe sur sa position. Pire, on s’accuse les uns et les autres d'être à l'origine du conflit. Pour préserver la concorde et l'homogénéité, le Ministre des Sports, Mahmoud Salim Hafi, a pris le taureau par les cornes. Des mesures de suspension et d'harmonisation sont adressées aux organes du sport national. Mais, l'initiative fait grincer des dents.
Ces dernières années, le mouvement sportif de l'Archipel traverse un climat d'instabilité, caractérisé par des déchirements internes pour les fédérations, dont les comités exécutifs sont reprochés de mauvaise gestion ou d’inefficacité. Le virus de la discorde a rongé le handball, et a fini par contaminer la boxe et l'athlétisme. Aujourd'hui, un groupe de fédérations rebelles accuse, en conférence de presse, le Comité Olympique et Sportif des îles Comores (Cosic) de malversation et d'illégitimité. La réaction de ce dernier ne s'est pas fait attendre.
De lourdes sanctions sont prises contre les patrons de l'Athlétisme (Hilmy), du Judo (Mazo), du Tennis de table (Afrika) et du vice-président de la Natation (Halifa), considérés comme principaux auteurs d'un mouvement de révolte et dissidence. Chaque belligérant soupçonne l'autre de vouloir fomenter un putsch institutionnel. Cette rivalité de compétences, qui prend les allures d'une lutte d’influence, suscite la frayeur.
Suspensions suspendues
Pour préserver la concorde et l'homogénéité qui doivent prévaloir dans le sport, le Ministre de la Jeunesse, des Sports, de l'Emploi, de l'Insertion Professionnelle, des Arts et de la Culture a rompu le silence. Des mesures de suspension et d'harmonisation sont adressées aux organes de sport. Par exemple, aucune assemblée générale extraordinaire du Cosic et/ou d'une fédération sportive affiliée, n'est autorisée jusqu'à nouvel ordre. Les sanctions prononcées contre Hilmy Aboud, Mazo Mze, Afrika Youssouf et Halifa Mlamali sont suspendues, etc.
Mais, la décision est loin de faire l'unanimité. Joint par téléphone depuis Ndzouani, Abdallah Mhadji, le chargé des affaires légales de la Fédération du Football des Comores tient un langage évasif : « Écoutez, ce poste n'est plus reconnu par la Fifa. Maintenant je m'occupe du Football de base et du genre. Pour la décision du ministère des sports, vous me l'apprenez. Je parle de mon domaine. Logiquement, le Football est apolitique [et le sport en général, Ndlr]. Des textes appropriés gèrent cette discipline. Personnellement, j'ignore s'il existe des textes qui stipulent que la politique peut faire de l’ingérence dans le sport ».
Bm Gondet
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