Après le tirage au sort des groupes de qualifications de la prochaine coupe d'Afrique des nations, nous revenons sur le parcours des cœlacanthes lors de la dernière CAN au pays des lions indomptables.
Après l'île Maurice en 1974, Madagascar en 2019, les îles Comores furent la troisième nation de la zone océan indien à s'être qualifié en phase finale d'une coupe d'Afrique des nations lors de cette édition camerounaise de 2021. Le 25 mars, reste et restera à jamais dans la mémoire collective des comorien comme une date historique. Ce jour là les Comores ont goûté pour la première fois la sensation d'une qualification dans une compétition majeure, en l'occurrence la coupe d'Afrique des nations. En faisant match nul (0-0) contre le Togo à Maluzini, il validait ainsi leur ticket pour la CAN 2021 à une journée de la fin des éliminatoires.
Les verts ont montré une certaine maturité que rare parmi les spécialistes osaient leur accorder. Pourtant rien ne présageait de si bon résultat pour le cas des Comores. Pour leur entrée au stade Ahmadou Ahidjo, les cœlacanthes ont été accueillis à froid par le Gabon dans le match qu'il ne fallait surtout pas perdre. Malgré une possession nettement supérieure (63%), les Comores se sont fait surprendre dès la 16e minute (unique but de la rencontre) par Boupendza d'un tir à bout portant sur un angle fermé. Cette défaite a sérieusement hypothéqué les chances de qualification des hommes d'Amir Abdou. Le réalisme, surtout l'expérience des panthères du haut niveau ont eu raison de la témérité des "Veri Piya".
Contre le Maroc, les Comores ont été dominés du début jusqu'à la fin. N'eût été leur gardien Ben Boina, on aurait pu assister à une débâcle. Sur 9 tirs cadrés, le dernier rempart des verts en a stoppé 7. Dominés dans la récupération et dépassés dans le repli défensif, la ligne arrière des verts n'a pas été d'une grande utilité pour Ben Boina. D'habitude percutants, Faiz Selemani et Saïd Bakari n'ont jamais pu trouver Ben Fardou isolé et muselé en attaque. Cette faillite collective se résume en chiffre, 0 tir cadré pour les Cœlacanthes. Toujours fébrile dans le premier quart d'heure, la défense des verts s'est fait surprendre par Selim Amallah (16e) avant que Zakaria Aboukhlal n'aggrave la marque en fin de match (89e). Deux défaites et trois buts encaissés, les Comores ne pouvaient plus compter que sur un miracle pour leur qualification. Les scorpions quant à eux maintiennent l'espoir de finir au moins parmi les meilleures troisième.
Lors du 3e match contre le Ghana, le Coach est revenu sur son système de prédilection de 4-4-2 plat. Le positionnement de A Mogni et F Selemani comme des ailiers classique a permis beaucoup plus de percussions sur les côtés. Malgré 37% de possession, le système a permis à Y. Mchangama le métronome d'avoir plus liberté dans la circulation du ballon. L'ouverture précoce (4e) du score et le carton rouge d'A. Ayew suite à son accrochage avec Ben Boina a facilité les débats pour les verts. La réduction du score de Boakey (64e) et l'égalisation de Djiku (77e) n'ont pas entamé la détermination des hommes d'Amir Abdou. A la 85e le petit ailier de poche Ahmed Mogni mettait définitivement à l'abri pour son doublé, après avoir marqué le deuxième but à la 62e minute.
Décimés par 7 joueurs atteints par la covid dont les deux gardiens A. Ahamada et M Ousseini, les Cœlacanthes entamaient leur 8e face au pays organisateur avec un sérieux handicap. Et le carton rouge de leur capitaine Nadjim Abdou (7e) n'a pas arrangé les choses. Pourtant les Comores ont disputé le match le plus abouti et 0 coup sûr le plus sensationnel lors de cette CAN camerounaise. Ils ont tenu la dragée haute aux quintuple Champion d'Afrique. Avec un gardien (Alhadhur) fabriqué à la dernière minute, ils ont montré une capacité de résilience que nul ne soupçonnait jusque là en étant battus que par un but d'écart face à un Cameroun au grand complet.
Avec un tel parcours, les verts ont forcé le respect des observateurs. Il suffisait de voir le nombre de coupures et des Unes de journaux qui encensaient les performances des Cœlacanthes. Le grand quotidien français Le Monde titrait par exemple « Les vaillantes Comores ont perdu 2-1 au Cameroun, malgré un football de haut niveau » dans sa parution du 25 janvier 2022.
Si on essaye de faire une comparaison avec les équipes ayant disputé leur première CAN lors des 4 dernières éditions, les Comores n'ont rien à envier aux équipes qui les ont précédés. En effet de 2012 à 2019, 8 sélections nationales sont venues rejoindre la grande famille des pays qui ont disputé au moins une coupe d'Afrique des nations. Sur les 8, seules 2 ont dépassé la phase de groupes. La Guinée Équatoriale en 2012 et Madagascar en 2019.
Ahmed Saïd Badraoui
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