Après l'annulation des mondiaux de Fukuoka (2021), pour cause de pandémie Covid-19, les nageurs du monde entier se retrouveront à Budapest (18-26 juin) pour le championnat du monde grand bassin où des athlètes comoriens prendront part.
C'est du moins le message envoyé par les dirigeants de la fédération comorienne de natation ce dimanche à la piscine de l'hôtel Cœlacanthe lors d'une rencontre avec la presse. C'était aussi l'occasion pour l'instance dirigeante de la natation Comorienne de lancer officiellement les préparatifs (entraînements) des deux athlètes qui vont représenter la natation Comorienne lors de ces championnats du monde grand bassin.
Il s’agit de Barouf Ali, un nageur expérimenté qui a participé à plusieurs compétitions internationales dont le championnat du monde de Rome en 2009 et Maesha Saandi (15 ans), l'espoir de la discipline. Pour sa première participation à une compétition internationale, la jeune Franco-Comorienne sera le porte-drapeau de la délégation. Une charge difficile à supporter surtout à son âge mais, qui ne fait pas pour autant trembler la jeune athlète qui revient des championnats d'Afrique de tennis dont elle est considérée comme l'une des valeurs surs de sa génération. « C'est une grande opportunité pour moi, pour un début. Je sais que ça ne sera pas facile mais, c'est comme ça », dit-elle. En plus des deux athlètes, la délégation comorienne sera composée de trois autres personnes dont le vice-président Halifa Mlamali qui est aussi un officiel FINA.
Si l'hébergement de la délégation comorienne est totalement pris en charge par la FINA, le déplacement jusqu'à Budapest doit être à la charge de la fédération. Et vu le manque de moyen, cette dernière est dans l'obligation de faire appel aux personnes de bonne volonté pour pouvoir boucler le budget de 4 734 045 kmf nécessaire pour faire le déplacement. Si ceux qui sont sollicités n'ont pas encore tous répondu, d'autres ont été d'une promptitude à répondre favorablement aux doléances de la FCN. Le Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA) à pris en charge le billet aller-retour de la jeune athlète. Une façon peut être pour cette agence des Nations-Unies, de mettre en exergue son combat pour l'égalité entre hommes et femmes plus particulièrement pour les jeunes filles.
Faut-il rappeler qu'après ces championnats du monde, notre pays doit honorer plusieurs dates sur le calendrier international, dont les jeux de la solidarité islamique en Turquie, les jeux des jeunes de l'océan Indien à Maurice en passant par les jeux des îles mais, surtout les championnats du monde de Fukuoka en juillet 2023 qui sont qualificatifs pour les jeux olympiques de 2024 à Paris.
« La FCN est affiliée à la FINA en 2004. Et depuis 2006 qu'elle a commencé à prendre part aux compétions organisées par cette dernière, elle n'a jamais raté de rendez-vous », précise Halifa Mlamali. Ces efforts sont malheureusement inaudibles auprès des décideurs politiques que même l'obtention d'une médaille d'or aux jeux des îles (2019) est presque passée inaperçu. Ailleurs, les athlètes ayant performé sont pris en charge et envoyer dans des centres spécialisés pour améliorer leur performance, chez nous on est loin de ces considérations.
L'Etat à travers le ministère des sports s'est désengagé totalement des autres sports et fait du football son fonds de commerce qui est aussi un gage de stabilité. Pas moins de 100 000 000 kmf au minimum sont nécessaires pour chaque sortie des Cœlacanthes, alors que de l'autre côté on patauge pour trouver un endroit où pratiquer sa passion. Une prise de position tempérée par le trésorier de la FCN, Issa Miradji. Il analyse la situation avec beaucoup plus d'introspection. « On vient de loin du temps où on attendait que la marée baisse pour qu'on puisse s'entraîner dans des endroits (Bichioni, Itsandra, Mbachile, piscine petit port) pas spécialement aménagés pour la pratique de la discipline », lance-t-il. Stoïque, il sait que le chemin est encore long pour que la natation comorienne puisse rivaliser avec ses homologues de la région voire au-delà.
AS Badraoui
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