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des Comores

Karim Osman, sélectionneur de l’équipe national de Basket : « Ce qui pourrait booster le basket c’est un véritable ministère des sports qui s’occupe de toutes les disciplines »

Karim Osman, sélectionneur de l’équipe national de Basket : « Ce qui pourrait booster le basket c’est un véritable ministère des sports qui s’occupe de toutes les disciplines » © : HZK-LGDC

Le sélectionneur national nous a accordé un entretien exclusif où il revient sur l'état du basket et les perspectives d'avenir. Expert FIBA-Afrique pour la certification des entraîneurs 3×3, Karim Osman a dévoué sa vie au service de la jeunesse, au sport et le basket en particulier. Diplômé de l'Institut National du Sport et d'Education Physique (INSEP), le sélectionneur est aussi un formateur et un arbitre reconnu. Entraîneur de son état, il fut Champion île de France U20 1ere division en 2014.


Question : Coach, vous venez d'organiser une sorte de tournoi en France que vous avez appelé Comores All Star Game. Quel est le but de ce rassemblement ?


Karim Osmane :
Merci à vous pour l’opportunité que vous me donnez de pouvoir m’exprimer sur le basket. En fait Comores Basket All-Stars n’était pas un tournoi mais plutôt un match de gala réunissant les meilleurs joueurs et joueuses de la diaspora du Nord contre ceux du Sud. Il y avait deux objectifs, tout d’abord créer un engouement pour le basket et une visibilité de notre discipline et ensuite rencontrer et échanger avec les nouveaux joueurs mais aussi déceler les futurs talents qui peuvent rejoindre la sélection dans un futur plus ou moins proche, sinon qui devront participer à des compétitions sur le continent.


Question: Nous sommes à 16 mois des jeux des îles de l'Océan Indien, quelles sont vos ambitions, vu que les derniers jeux furent un échec notamment à cause des manquements aux règlements qui ont emmené à la disqualification de la team Comores ?

K.O:
Justement à ce jour, je ne connais toujours pas les objectifs que la Fédération Comorienne de Basket Ball (FCBB) veut fixer et atteindre et quels sont les moyens qu’on aura pour les atteindre. Pour éviter la situation de 2019, dû à l’article 7 du paragraphe III de la Charte des Jeux qui soit disant est complètement discriminatoire vis à vis des athlètes comoriens nés et vivant à l’étranger, j’ai proposé 3 options à la FCBB et j’attends la décision du président.


Question : L'équipe nationale de football est quasiment composée d'expatriés, tenant compte des résultats obtenus récemment (8e de finale CAN), est ce que vous comptez suivre cette voie, si oui quel est le but vivier que vous allez vous appuyez pour espérer avoir la même réussite voir plus ?


K.O:
Dans ma conception d’une équipe nationale, je ne me dis pas qu’il faut composer l’équipe obligatoirement à 100% par des expatriés ou par des locaux, je pense qu’il faut envoyer les meilleurs joueurs capables de jouer ensemble et de préformer. Après qu’ils soient expatriés ou locaux ce n’est qu’un détail mais la réalité est que pour le moment les locaux manquent de compétition pour pouvoir rivaliser à armes égales avec les expatriés mais le talent est là.


Question: Depuis 1979 et la médaille d'or, les résultats du Basket comorien sont en dent de scie, sinon décevants. Quelles sont les solutions à long terme qu'il faudrait apporter pour inverser la tendance ?


K.O:
Tout d’abord, permettez-moi d’avoir une petite pensée pour Fundi Carnet qui nous a quitté le 22 janvier 2021,qu’il repose en paix et qu’Allah le bénisse. Les solutions à long terme pour inverser la tendance est la formation, la formation des techniciens dans un premier temps puis du joueur dans un second. Mais ce qui pourrait booster encore plus le développement de notre discipline serait d’avoir un véritable ministère des sports qui s’occupe de toutes les disciplines avec une véritable politique nationale du sport. La Fédération toute seule avec ses moyens limités pour ne pas dire inexistants ne peut faire de miracle.

Question: Vous êtes à la tête de la sélection nationale depuis quelques années, donc vous devez avoir une expertise suffisamment solide pour une analyse globale de la situation. Quels sont selon vous les principaux freins au développement du basket aux Comores ?


K.O:
Oui en effet. Je pense qu’il existe plusieurs freins au développement du basket aux Comores. D’abord le manque d’infrastructures pour pouvoir pratiquer le basket toute l’année quelque soit les conditions météorologiques car vous n’ignorez pas que notre pays ne possède qu’un seul gymnase et pratiquement pas de terrain couvert. Ensuite, le manque d’organisation et de structuration de la Fédération et d’une DTN digne de ce nom capable aussi bien d’organiser les formations mais aussi d’appliquer une politique fédérale au niveau des ligues régionales. Et pour terminer, le manque indéniable de moyens financiers qui nous permettrait d’aller se confronter aux meilleures équipes régionales et continentales sans attendre les Jeux des Îles tous les quatre ans.

 

« Contrairement à mes collègues du football, tout est fait seul et par moi »

Question: En tant que sélectionneur, quelle est votre relation avec la direction technique nationale surtout en matière de développement du basket ?


K.O:
Pour tout vous dire, je ne sais même pas qui est membre de la Direction Technique Nationale, je sais que le DTN c’est Coach Mselam Yahouda avec qui j’échange de temps en temps mais de là à dire qu’il y a une direction technique nationale, je ne suis pas sûr qu’elle soit active ou opérationnelle. Je tiens juste à préciser pour que les choses soient claires, que j’ai aucun staff et que contrairement à mes collègues du football, tout est fait seul et par moi. Pas de Team Manager, ni de Kiné, ni analyste vidéo…Je fais au mieux avec le peu de moyens qu’on me donne et tout cela bénévolement en plus. Je prends de mon temps, de mon énergie et de mes propres moyens pour essayer d’aider le basket et le pays. Depuis peu, j’ai réussi à convaincre des compatriotes et amis de me rejoindre pour aider au mieux le basket. Je peux ainsi compter sur Said Chanfi qui donne un coup de main sur les filles, d’Idriss Ali (Team Manager), Kenzo Hassani (Préparateur mental), Coach Youssouf (Préparateur physique), Fouad Aliani (Kiné) et de Kamel Moulai-Souiga (Nutritionniste). Toutes ces personnes m’ont rejoint dans cette aventure et tous à titre bénévole je précise.


Question : A long terme quelle stratégie envisagez-vous mettre en place pour briser la domination des malgaches (qualification Afro-basket et aujourd'hui à la Basketball Africa League) dans la zone 7 de la FIBA-Afrique ?


K.O:
Les malgaches dominent la zone car ils ont su structurer leur fédération et adapter leurs compétitions nationales pour développer et rehausser le niveau puis ils ont aussi réussi à allier les talents malgaches de l’extérieur et ceux de l’intérieur. Ils bénéficient aussi de pratiquement tous les programmes qui sont mis en place par la FIBA, chose qui est d’autant plus facile que leur président de fédération Jean Michel Ramaroson élu pour un quatrième mandat est aussi membre du bureau exécutif de la FIBA Afrique ainsi que celui de FIBA Monde.


Propos recueillis par AS Badraoui

 


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