C'est sous un stade de Moroni clairsemé que la cérémonie d'ouverture a eu lieu. Si la foule des grands jours n'a pas répondu présente, l'enthousiasme des athlètes et la présence du chef de l'Etat, Azali Assoumani parrain des jeux y était.
Pour la première fois de son histoire, le comité olympique et sportif des îles Comores organise des jeux qui rassemblent les athlètes venus de toutes les îles de l’archipel. Et pour son discours d'ouverture, le chef de l'Etat s'est voulu optimiste quant à l'avenir des Comores sur le plan sportif. « Nous sommes désormais dans le temps des succès mais, surtout des défis à relever à commencer par les jeux des îles de l'océan indien en août 2023 à Madagascar », avance le président Azali Assoumani.
Succès, cela reste à voir. Faut-il rappeler que depuis la création des jeux des îles en 1979, les Comores n'ont guère dépassé la barre des 50 médailles toutes compétitions confondues. Pour atteindre le succès clamé par le chef de l'Etat, il faudrait beaucoup de volonté politique de la part de nos dirigeants et surtout des moyens pour permettre à nos athlètes d'atteindre le même niveau que leurs homologues de la région. Le locataire de Beit-Salam a émis un autre souhait. « Nous devons ramener le drapeau des jeux à Moroni avec l'aide d'Allah pour réaliser notre rêve, celui d'abriter les jeux de 2027 aux Comores », dit-il. Sur ce deuxième point, seul l'avenir nous le dira. Depuis au moins les jeux des îles de 1990 à Madagascar, les Comores se sont toujours positionné pour organiser les prochains sans jamais y parvenir. Le déficit d'infrastructures y a joué pour beaucoup dans cette incapacité des Comores à organiser les jeux.
Un défi que le chef de l'Etat semble vouloir relever. « On doit mettre en chantier notre programme d'infrastructures sportives et que nous devons augmenter notre capacité d'accueil », souhaite le chef de l’Etat. Pour l'organisation des jeux, il faut au minimum avoir une piscine olympique pour les disciplines de la natation, un gymnase couvert pour le basket et le volley et d'autres jeux. Il faut aussi des courts de tennis et des gymnases pour les sports de combats. En vu de celles qui existent, on voit à quel point le chantier sera très lourd à mettre en place, mais au cœur vaillant nul n'est impossible comme dirait l'autre.
Le président de la République a fini son discours par une note positive, en forme de souhait. « Nous avons l'espoir que vous ferez mieux que nous », lance-t-il. Est ce le signe d'un hypothétique passage à témoin, ou le souhait d'une génération qui sait qu'elle va léguer à la génération future un lourd passif qui va être difficile à combler. Ce qui est sur, c’est que la jeunesse sait qu'elle doit s'armer de patience pour espérer voir le bout du tunnel un jour.
AS Badraoui
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