Les derniers jeux des jeunes de l'océan indien ont été un sérieux révélateur du niveau de nos jeunes athlètes. Le moins que l’on puisse dire est que nous avons une potentiel que l’on doit préserver et encadrer dans la perspective des jeux de l'océan indien en 2027 quel que soit le lieu où ils seront organisés.
On s’en souvient du discours du chef de l’Etat appelant de ses vœux l’organisation des jeux des îles de l'océan indien en 2027. Des vœux qui passent par la construction d’infrastructures adéquates à la bonne pratique des disciplines. Au-delà même de la question des infrastructures fondamentales à l'organisation d’un tel événement, les autorités compétentes doivent se préoccuper du niveau de nos athlètes qui sont encore loin des meilleurs de la région. Et pourtant ce qu’il s’est passé lors des jeux de jeunes à Maurice entrouvre une porte d’espoir qu’avec un peu de moyen et de volonté politique, nous pouvons compter sur des éléments sur d’ici 5 ans.
Organisateur des prochains jeux de la région en 2023, Madagascar a fait le choix de ne pas envoyer d'athlètes a Maurice pour les jeux des jeunes pour reporter ses financements à la formations de leurs athlètes dans diverses structures de formation et d'entraînements partout dans le monde dans l’optique de mieux les préparer pour ce grand rendez-vous sur leur sol ou les malgaches comptent rafler la majorité des médailles. Que ce soit au Centre International d'Athlétisme de Dakar (CIAD), l’INSEP en France ou à Shanghai en Chine, des athlètes malgaches sont éparpillés dans ces lieux pour mieux se préparer.
Aux Comores, jusqu'à maintenant le ministère de la jeunesse n’a pas encore dégagé une stratégie claire de développement de nos infrastructures en vue des jeux de 2027 que tout (gouvernement, population, et sportifs) s’accordent à dire que les Comores ne doivent pas rater encore une fois l’occasion d’organiser le plus grand évènement sportif des iles du Sud ouest de l'océan indien, au risque de se faire damer le pion par le Comité Régional Olympique et Sportif de Mayotte qui s’est déjà positionné pour l’organisation de ces jeux. Toutefois, entre le souhait et la faisabilité, il y a souvent un fossé difficile à combler.
Le cout même de l’organisation tiendrait de la gageure pour un pays qui n’a pas été capable de payer les frais de déplacement d’une trentaine d'athlètes alignés sur 8 disciplines. À titre d’exemple, les derniers jeux des jeunes à Maurice auront coûté la bagatelle de Rs 100 millions de roupies soit un peu plus de 561 millions de nos francs, et encore que Maurice n’avait pas besoin de construire de nouvelles infrastructures, sinon la facture aurait été beaucoup plus salée. Pour l’organisation des 10ème jeux de la région, nos voisins ont dû dégager un budget de Rs 3,9 milliards pour la construction du complexe sportif de la côte d’or, je vous laisse convertir en francs comorien.
Avec presque zéro infrastructure, on imagine le cout que cela doit engendrer pour la construction d’un gymnase couvert, d’un complexe de natation ou encore d’une salle pour les sports de combats. Pour être clair, ce n’est pas demain la veille si un changement de mentalité ne s'opère pas les vœux présidentiels risquent de rester des vœux pieux.
AS Badraoui
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