Alléger le coût autour de l'organisation des Jeux des îles de l'Océan indien (Jioi), Michael Glover y songe. Cet ancien directeur du Comité d'Organisation des Jeux des îles (Coji) de Maurice prône une formule innovante, dans le souci de préserver ce grand rassemblement de la sous-région qui pourrait disparaître si rien n'est fait tant il pèse lourd dans le portefeuille. «Pourquoi pas ? C'est une réflexion.
Le débat est ouvert. Aux Comités Nationaux Olympiques d'apprécier », répond Ibrahim Ben Ali, président du Cosic. «Si on maintient les Jioi dans leur formule actuelle, il est certain que nous assistons aux derniers Jeux, la principale raison étant le coût de l’organisation... C’est pourquoi les Comores, et sans doute même Madagascar, ne pourront pas les organiser dans les années à venir », explique Michael Glover, ancien directeur du Comité d'Organisation des Jeux des îles (Coji) de Maurice de 2003 dans la presse mauricienne au sujet des Jioi.
Au départ, la présence des cinq disciplines sportives suffisaient pour qu'un pays/île prétende à abriter les Jeux. « Jusqu'en 2012, la procédure n'était pas complexe », rapporte le patron du Comité Olympique et Sportif des îles Comores (Cosic). La formule authentique a été revue sur proposition du Réunionnais Jean François Beaulieu, à l'époque, patron du Comité International des Jeux (Cij). Enorgueillis par les infrastructures sportives modernisées existantes chez eux, les Réunionnais ont lancé le projet d'élargir les sports à inviter (par rapport au pays hôte) et l'ont défendu becs et ongles, sans tenir compte de la réalité économique des autres alliés.
Face au coût faramineux des Jeux et à leur politisation, Michael Glover aurait soumis une nouvelle formule conciliatrice en 2003, notamment retenir les disciplines moins chères mais populaires comme la pétanque. Mais 15 ans après, force est de constater que le dossier s'empoussière toujours dans un tiroir. L'option d'une décentralisation est-elle adaptée ? Le président du Cosic bondit : « Il convient de revenir à l'esprit des Jeux : distraction, fraternité, enthousiasme,... Volley-ball ici, football là-bas, Pétanque de l'autre coté,... les Jeux risquent de se transformer en championnat. Ce qui suscitera moins d'ambiance. L'Olympisme, c'est plusieurs disciplines sportives au même lieu et au même moment ».
L'ex ministre mauricien voit d'un très mauvais œil le colossal budget engagé par son pays pour les Jioi 2019 : « La somme engagée pour la 10e édition des Jeux est déraisonnable (Rs 700 millions). C'est indécent ». Notre interlocuteur mauricien met également en doute le rôle du Comité national d'Organisation des Jeux des îles: «Le Coji délègue toutes ses responsabilités (levée de fonds, restauration, hébergement, hôtels à la place des villages olympiques, etc.) à des compagnies. Pour moi, le Coji n'a plus sa raison d'être. (...) Peut-être même que la 10e édition (Jioi 2019) que Maurice accueillera, l’an prochain, sera la dernière», conclu M. Glover, pessimiste.
Bm Gondet
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