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des Comores

Interview / Said Ali Said Athoumane, le président de la FFC « Il n'y a pas une urgence à ce qu'il y'ait tout de suite un nouveau SG »

Interview / Said Ali Said Athoumane, le président de la FFC « Il n'y a pas une urgence à ce qu'il y'ait tout de suite un nouveau SG » © : HZK-LGDC

Le président de la FFC, Said Ali Said Athoumane s'est confié à La Gazette pour parler de l'actualité post-CAN et des perspectives à court terme. Il revient aussi sur les violences survenues récemment dans différentes pelouses de Ngazidja mais aussi du poste de secrétaire général de la FFC laissé vacant il y a peu.


Question : On ne va pas revenir sur les nombreuses polémiques soulevées après notre participation à la CAN. Seulement, une question revient inlassablement sur le devant, c'est celle de l'équipementier Macron. Pourquoi les maillots des cœlacanthes n'ont pas été mis en vente au pays ?


Said Ali Said Athoumane :
Je pense que nous étions focalisé sur la préparation de l'équipe qui nous a coûté énormément d'énergie et de temps. Pour ce qui de la mise en vente, il fallait mobiliser des fonds plusieurs mois avant dans la mesure où notre équipementier a d'autres engagements avec des clubs et des sélections en Europe. Donc il y'avait des délais de factures qu'il fallait respecter pour que la commande et surtout la quantité soit à la hauteur des exigences. Néanmoins quelques centaines de maillot ont été mis en vente même si ça n'a pas été à la hauteur des attentes des comoriens.


Question : Peut-on espérer que dans un bref délai l'implantation d'un point de vente voir d'une boutique Cœlacanthe aux Comores ?


SASA :
Nous sommes en discussion avec notre équipementier dans ce sens. D'ailleurs pour la fenêtre FIFA du mois de mars (21-29), nous espérons organiser des matchs amicaux de préférence à domicile. D'ici là, nous aurions tout mis en œuvre pour que nous ayons en notre possession une quantité suffisante de maillots qui seront mis en vente dans le territoire national.

Question : Quelle est votre appréciation pour cette première participation de notre pays à une Coupe d'Afrique des Nations ?


SASA :
Sur le plan sportif, nous sommes pleinement satisfaits du parcours de notre équipe même s'il y'avait possibilité de faire mieux sur ce fameux 8e de finale surtout si nous étions au complet, mais ça c'est une autre histoire. Par contre, notre plus grande satisfaction est incontestablement les valeurs véhiculées (abnégation, détermination, résilience...) par nos joueurs qui ont été saluées par la presse internationale et locale. Moi je ne veux pas rentrer sur la polémique mais, quand même c'est curieux que les gens surtout ceux qui étaient au fait des événements préfèrent nourrir les fausses rumeurs en faisant semblant d'oublier les efforts déployés par la fédération pour permettre à des joueurs aux conditions similaires à celles du Cameroun de pouvoir jouer et faire qualifier l'équipe. Nous, on est immunisé face à ces genres de critiques, on a l'habitude de dire chez nous que ceux qui sont en dehors du terrain jouent mieux que ceux qui s'y trouvent. De mon côté je préfère boucher le trou et faire la critique après, c'est ce que j'appelle notion de solidarité.


Question : Nous allons entamer sous peu les éliminatoires de la CAN 2023. Où en sont les préparatifs, en tenant compte du rétrécissement du calendrier international ?


SASA :
Nous avons deux possibilités. Soit on organise de(s) matche (s) à domicile soit en Europe durant la fenêtre FIFA du 21-29 mars. Le rétrécissement du calendrier (dû en grande partie à la coupe du monde 2022, ndlr) comme vous l'avez rappelé ne nous donne pas beaucoup de possibilités pour organiser d'autres matchs de préparation. Il faut savoir que nous aurons à discuter du 1er au 14 juin 4 rencontres dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2023. C'est beaucoup de travail qu'on doit abattre en seulement 2 semaines. Pour ce qui est des matchs du mois de mars, l'idéal serait qu'on puisse organiser deux matchs chez nous. Reste à savoir est-ce que nous aurons les moyens financiers d'héberger deux sélections pour un minimum de 3 jours. L'autre possibilité et d'aller en Europe la où se trouve la plus part des joueurs qui évoluent dans les différentes sélections, c'est ce qui facilitera le regroupement.


Question : Où en est-on avec le dossier Amir Abdou, partira où partira pas ?


SASA :
Amir Abdou et sous contrat avec nous, et ce dernier n’est pas arrivé à terme à ce que je sache. Nous venons de sortir de la CAN 2021 et nous rentrons déjà dans les éliminatoires de celle de 2023, notre souci au niveau du Comité Exécutif c'est la stabilité de l'équipe. Donc à notre niveau, nous ne sommes pas du tout pressés de voir le sélectionneur partir. Toutefois si demain pour une raison ou une autre le sélectionneur décidait de partir alors là on en discutera. Mais jusqu'à maintenant, la question ne se pose pas et il ne nous a pas signifié de son envie de partir. Donc Amir Abdou reste le sélectionneur des Cœlacanthes.


Question : Le poste de SG est occupé par un intérimaire, jusqu'à quand durera cette situation ?

 

SASA : Le poste de Secrétaire Général et ses modalités de recrutement sont définis clairement dans les statuts de la FFC. Normalement, c'est le président qui propose un nom (art 41.2), ensuite c'est au Comité Exécutif de valider ou non (art 44.2) la proposition du président. Pour répondre à votre question, il n'y a pas une urgence manifeste à ce qu'il y'ait tout de suite un nouveau SG. Celui qui occupe l'intérim est un homme d'expérience et quelqu'un qui maîtrise tous les rouages dans le monde du football. En plus d'être un bon administrateur, c'est aussi quelqu'un qui connait le foot du bout des doigts. Faut-il le rappeler que c'est un commissaire de match de la FIFA. Mais nous pouvons toujours passer par la procédure d'avis de recrutement en collaboration avec la FIFA, mais nous l'avons déjà essayé et ça n'a pas abouti à grand chose car celui qui a été désigné (Stéphane Aboutoihi) n'a pas eu la confiance du Comité Exécutif au bout de six mois de contrat d'essai.


Question : Certains joueurs au sein des Cœlacanthes sont vieillissants notamment les cadres (Kassim Abdalla, Nadjim Abdou...) Qu'en est-il des discussions pour le renouvellement de générations sans heurter l'équilibre de l'équipe ?


SASA :
Nous sommes toujours en discussion et d'ailleurs ça ne s'est jamais rompu. Sauf que, comme vous le savez, ce sont des jeunes qui commencent à peine leur carrière et certains sont à leur premier contrat professionnel, donc il faut aller doucement avec eux. Ce sont des jeunes qui veulent avoir des garanties en termes de temps de jeu dans leurs clubs respectifs avant de s'engager pleinement avec la sélection nationale.


Question : La violence gangrène le football Comorien, et des actions aussi violentes les une des autres  ébranlent un peu plus tous les jours l'image du football Comorien. Que préconisez-vous pour y mettre fin ?

SASA : Le problème de la violence n’est pas une affaire qui concerne que les instances (FFC, Ligues, Districs...), c'est un combat de longue haleine qui doit engager tout les acteurs du football. Nous avons des instances juridiques indépendantes dans nos différentes commissions. Si une personne se sent lésée par une décision d'un corps régi par la FFC, elle n'a qu'à porter plainte et demander réparation. La violence ne résout jamais de problème, elle l'amplifie en instaurant une sorte de chappe de plomb qui empêche les gens de travailler dans la sérénité par peur de représailles. Il n'y a que par l'éducation que nous pouvons vaincre ce mal qui continue à ronger le sport favori des comoriens. Je pense qu'il faut respecter les arbitres qui font un travail magnifique avec des moyens très limités.


Question : Certaines personnes pointent du doigt le manque d'infrastructures, surtout des terrains pour la plupart sans mesure de sécurité. Que comptez-vous faire pour palier à ces manquements ?

 

SASA : Nous avons déjà entamé des travaux pour sécuriser un certains nombres de stade, ceci dans le souci de préserver la sécurité des acteurs dans leur ensemble. Certains sont déjà finis comme celui de Salimani Hambu et d'autres le seront dans l'ensemble des trois îles. Mais au delà de cet aspect structurel, je pense que nous devons mettre les moyens pour apprendre aux gens là nécessité de respecter les résultats issus du terrain. Celui qui perd aujourd'hui peut bien gagner demain. En sommes, il faut inculquer les supporters la notion de responsabilité.

Propos recueillis par AS Badraoui

 


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