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des Comores

Interview / Karim Osman, sélectionneur de l’équipe de Basket Ball Masculin

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Interview / Karim Osman, sélectionneur de l’équipe de Basket Ball Masculin © : HZK-LGDC

« Notre objectif est de monter sur le podium » Les Comores sont candidates au tournoi de basketball des 10e Jeux des îles de l’Océan indien. En 1979, 2003, 2007 et en 2011, le pays a marché sur le podium de ce jeu collectif. A J-10 de l’ouverture des jeux, le sélectionneur de l’équipe masculine de Basket Ball revient sur la préparation de son équipe, ses conditions de travail et ses perspectives pour la probable édition « Comores 2023 ».


Question : Quels sont vos points forts en sachant que le niveau de la région est plus élevé que celui des Comores?

Karim Osman : Le niveau est, certes, un peu plus élevé que chez nous. Mais c’est aussi parce qu’ils travaillent comme il fallait. Comme je le dis assez souvent, les Mauriciens ont pris un directeur technique national, qui a travaillé depuis trois ans sur la situation technique et sur la programmation de formation des joueurs. Ils sont pris un coach serbe, qui déjà fait un championnat d’Europe. Ils reviennent d’un stage d’une vingtaine de jours en Serbie avec six matchs amicaux pour trois victoires et trois défaites. Ils sont donc en préparation depuis un an. On va jouer chez eux, ce qui ne va pas être un match facile. Mais les joueurs sont motivés et physiquement ils sont au point. Là, il faut profiter des quelques jours qui nous restent pour créer une osmose et une cohésion au sein de la sélection pour pouvoir aller le plus loin possible. 

 

Question : En 1979, 2003, 2007 et 2011, les Comores ont remporté des médailles dont une d’or. Pensez-vous vous fidéliser à ce palmarès lors de ces dixièmes jeux à Maurice ?

K.O. : En tout cas, c’est pour cette raison qu’on est là. On n’a pas quitté nos familles et nos emplois pour venir faire des vacances. Nous ne sommes pas là pour nous reposer. Notre but comme je te l’avais dit, c’est de monter sur le podium. On est là pour ça. Et je pense que c’est chose possible.

 

Question : Vous avez officialisé votre liste de la sélection hier. Quel a été votre sentiment après la déception et la surprise de ceux qui sont recalés de l’équipe ?

K.O. : Personnellement, j’ai eu un pincement au cœur. A moins d’une semaine, tu ne peux pas regarder tous les joueurs sur le coup et dans le cadre de la préparation. Maintenant, je comprends tout à fait la réalité du pays qu’il faut réduire les coûts et les effectifs pour permettre de faire le maximum d’économie. Mais c’est vrai que c’est douloureux de se séparer de ces personnes surtout qu’elles soient si attachantes et si impliquées. Pour vous dire, passer 24/24 heures avec les joueurs, il y a des liens et des affinités qui se sont crées. Donc, c’est toujours difficile de se séparer de ces joueurs-là.

 

Question : Avez-vous pris le temps de préparer moralement les joueurs qui allaient être mis à l’écart du groupe ou ils l’ont appris en même temps que les autres?

K.O. ; Justement. Cela n’a pas été le cas. De ce côté-là, je pense qu’il faut le prévoir la prochaine fois. Je pense que c’est ce qu’il fallait faire avant. C’est comme ça que je procède. Nous, on fait des présélections pour l’équipe que j’entraine au club en National en France (Alerte Juvisy basket Essonne, Ndlr). Il y a beaucoup de joueurs qui viennent au mois de mai. On commence à prendre le groupe. Quand on décide les joueurs qu’on va garder, on appelle ceux qu’on ne va pas garder pour leur expliquer le pourquoi et le comment avant de l’annoncer officiellement. Je pense que c’est ça qui a manqué malheureusement. Déjà il y a un grand retard sur l’annonce. Ça nous a pris deux heures parce qu’il n’a pas été facile de décider sur certains cas. Il a fallu argumenter, échanger et pour prendre la bonne décision.

 

Question : Si les Comores étaient choisies pour l’organisation des jeux de 2023, vous seriez partant pour assurer les mêmes services de sélectionneur de l’équipe des Comores ?

K.O. : Je serai partant. Mais je pense qu’il ne faut pas s’y prendre autrement. Surtout si jamais, espérons-le grâce à Dieu, on est choisi pour organiser les Jeux 2023. Je pense qu’il ne faut pas attendre janvier 2023 pour commencer à travailler. Mais il faut s’y prendre dès la prise de la décision. Il faut commencer à détecter et à faire des regroupements sur chaque île. J’avais déjà proposé un plan de travail sur quatre ans à la fédération pour arriver là. Peu importe que ce soit moi ou quelqu’un d’autre. Mais je pense que c’est la meilleure façon de travailler. C’est aussi une façon de s’inscrire dans la durée. Il faut avoir surtout quelque chose de cohérent, qui créé l’osmose et la cohérence du groupe. Elle est pour moi aussi importante que le coté technique ou tactique de l’équipe.   

 

Question : Si vous pouviez améliorer quelque chose au niveau de votre préparation, ca serait quoi ?

K.O. : S’il y a des choses à améliorer, ça serait en premier lieu le temps de repos et de récupération parce qu’il y a des journées assez chargées. C’est quelque chose qui va commencer à changer dès aujourd’hui. Hier, j’ai dormi devant la salle pour me reposer. J’étais vraiment k.o. Personnellement, ce n’est pas trop grave car je ne joue pas. Mais imaginez les joueurs qui sont fatigués et qui viennent de faire deux heures de séance se mettre sur les dalles pour se reposer. Ce n’est pas la meilleure solution pour récupérer. Mais après, ce qui est «bien», c’est que les gens savent pourquoi on est là. Il ne faut pas se mentir, «c’est un certain confort». Mais les joueurs sont tellement fiers de représenter le pays et que ces petits problèmes sont vite oubliés. 

 

Question : Un dernier mot à la population comorienne, à la région Océan indien ou à l’autorité publique comorienne…

K.O. : Je dirais un grand merci pour l’accueil qui nous a été réservé à l’aéroport et chez Telco. Dès qu’on se balade en ville, tout le monde nous reconnait et nous parle gentiment. Un grand merci à la population pour sa disponibilité et son accueil chaleureux. Je dois leur dire que Rome ne s’est pas construit en une seule journée. Il nous faut donc du temps mais en tout cas, on est sur  la bonne voie. Il faut aussi soutenir le sport comorien et basketball en particulier. Il y a du talent aux Comores. Mais il faut arrêter d’opposer expatriés et locaux. On est tous Comoriens qu’on soit à l’étranger ou ici. On se bat tous pour la même cause : que le pays aille de l’avant et qu’on soit reconnu au niveau international. Soyez patients et on compte sur vous pour nous soutenir dans les années à venir.

 

 


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