La Gazette

des Comores

Interview / Halifa Mlamali, vice-président FCN « Je pense qu’il faut déjà commencer par vulgariser la discipline »

Interview / Halifa Mlamali, vice-président FCN « Je pense qu’il faut déjà commencer par vulgariser la discipline » © : HZK-LGDC

Affilié à la Fédération Internationale de Natation en 2004, la natation comorienne a du mal à prendre son envol faute d’infrastructure adéquate à la pratique de la discipline. Malgré ce manque de moyens, le vice-président de la fédération comorienne de natation Halifa Mlamali garde espoir pour l’avenir de ce sport dans notre pays. Interview.


Question : Parlez-nous de votre fédération ?

Halifa Mlamali : Merci à La Gazette des Comores de me donner cette opportunité de parler de Natation afin d’éclairer le public sur cette discipline. Nous sommes une jeune fédération affiliée à la Fédération Internationale de Natation (FINA) en 2004. Depuis, nous avons participé à presque toutes les compétitions organisées par la fédération mère. Par contre, la natation a toujours existé aux Comores, la preuve depuis 1985 nous participons aux jeux des îles de l’Océan indien, même si nos athlètes n’étaient pas reconnus par les structures internationales qui régissent la discipline.

Question : Donc c’est à partir de 2004 que nos athlètes sont reconnus au niveau international ?

H.M: Effectivement, et d’ailleurs depuis cette date nous n’avons cessé de prendre part à différentes compétitions. Pour notre première sortie, nous avions pris part aux jeux de la solidarité islamique à Djeddah en Arabie saoudite en 2005. L’année suivante nous avons participé au 8eme championnat du monde de Shanghai et deux ans après nous sommes allés à nos premiers jeux olympiques à Beijing. Récemment nous avons pris part au 13eme championnat du monde à Abu-Dhabi.

Question : Est-ce que vous aviez aligné des nageurs et quelles étaient leur performance ?

H.M: Nous nous sommes alignés sur 3 distances. Sur le 50m papillon avec Mohamed Ibrahim qui a parcouru la distance en 31.s 59 centième. Le 50m nage libre avec Hakim Youssouf en 28.17 et enfin en 50m nage libre féminin avec Toussanti Hassane qui a fait la aussi une bonne prestation en 50.32. Je tiens d’ailleurs à rendre un vibrant hommage à la dernière nommée qui est sourde et muette mais, qui a quand même accepté de prendre son courage à deux mains tout ça pour montrer que si tu veux tu peux.

Question : Quels sont vos objectifs à court et moyens termes ?

 H.M: A partir de 2022, nous aurons un calendrier trop chargé. Nous devons prendre part au championnat du monde grand bassin de Fukuyoka au Japon. En 2023 il y a le championnat du monde petit bassin à Kazan en Russie où nous espérons participer. L’essentiel pour nous reste tout de même le championnat du monde à Doha, lequel sera qualificatif pour les jeux Olympiques de Paris 2024.

Question : Justement, quelles sont les conditions requises pour la qualification de nos athlètes ?

H.M : Normalement pour tous les athlètes du monde, il y a ce qu’on appelle des minima. C’est des performances que chaque athlète doit atteindre pour qu’il lui soit permis de prendre part à la compétition. Chez nous, on est loin de cette histoire de minima tellement nos athlètes sont loin des meilleurs chronos. Donc on nous dit tout simplement que chacun de nos athlètes batte sa propre marque.

Question : Où est-ce que vous vous entraînez ?

H.M : En attendant d’avoir notre propre piscine, le comité olympique comorien nous a loué une piscine (25m), à l’hôtel le Coelachante pour qu’on puisse préparer nos athlètes. Bien évidemment, on essaie d’adapter la structure pour avoir les mêmes conditions que dans les bassins dédiés à la natation.

Question : Quels sont vos souhaits pour l’avenir ?

H.M : Je pense qu’il faut déjà commencer par vulgariser la discipline. Pour se faire, on doit impérativement passer par le milieu scolaire dès les petites classes pour initier les jeunes. Actuellement, nous avons des athlètes dans les trois îles mais, il n’y a que ceux de Ngazidja qui performent. Donc il faudrait qu’on puisse atteindre le maximum de public pour donner de l’envie à ceux qui connaissent mal la natation à mieux la connaître. Au mois d’octobre, nous avions regroupés plus de 120 jeunes pour une sorte de championnat (piscine Coelachante), le problème c’est qu’il n’y avait aucun athlète venant des deux autre Îles, donc c’est un grand problème pour nous responsables de la fédération. Pour répondre simplement, je souhaite que la natation touche toutes les couches de la population surtout les jeunes quelle que soit leur origine et condition sociale.

Propos recueillis par A.S. Badraoui

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.