A peine 20 ans, elle est déjà la fibre des champions et a un sens du patriotisme sans égal. C'est en tout cas la forte impression que dégage la jeune Ilona Adam rencontrée au stade Ajao où elle a participé à une démonstration de Taekwondo organisée à l'occasion de la journée internationale pour les droits de la femme mercredi 8 mars. Bien qu'ayant un calendrier chargé, elle a bien voulu répondre à nos questions.
Question : A partir de quel âge tu as commencé à pratiquer le Taekwondo ?
Ilona Adam : J'ai commencé à pratiquer le Taekwondo à six ans, je suis à ma vingtième année ça fait donc quatorze ans que je le pratique. J'ai commencé par la gymnastique mais comme je n'aimais pas la tenue. C'est à partir du film "Karaté Kid" que la passion pour ce sport m'est venue, alors j'ai demandé à ma mère si je pouvais faire du Taekwondo. Forcément au départ elle était réticente, elle avait peur que je me blesse. J'ai commencé avec ma grande sœur, on a fait un essai et ça été tout de suite le coup de foudre. Elle a tout de suite aimé (sa mère), la philosophie, l'état d'esprit, la mentalité que ça nous apportait, la droiture et tout ça.
Question : Qu’ce que le Taekwondo t'a apporté sur le plan personnel ?
I.A : Ma mère est une hôtesse de l'air. J'ai grandi en France et quand ma mère partait en voyage, on était livré à nous mêmes moi et mes sœurs, le Taekwondo c'était notre éducation finalement. Elle a fait du mieux qu'elle a pu, elle nous a merveilleusement bien accompagnée et la preuve et que aujourd'hui on est là, elle nous a montré qu'on était capable de tout.
Question : Que signifie ta présence ici aujourd'hui ?
I.A : En tant que comorienne, ça m'a énormément tenu à cœur d'être là aujourd'hui parce que c'est un pays qui fait partie de moi, je suis comorienne je voulais le revendiquer. La France s'est assez développée dans le sport. En France il y a de la place pour performer. Certes, c'est là-bas que j'ai commencé et je suis reconnaissante envers ce pays. Mais aujourd'hui j'aimerais représenter mon pays pour le faire connaître et surtout à l'encourager à s'épanouir et à s'installer dans ce domaine sportif.
Question : Et quelles sont aujourd'hui tes performances en France ?
I.A : Je n’ai jamais fait championne de France, cependant j'ai performé à l'international. En France, il y'aura de la place aux français, il y'aura la place pour ceux qui font déjà parti de l'équipe nationale de France. Mon souhait à moi c'est de réussir dans l'équipe nationale des Comores car je sais que j'ai la capacité de réussir à l'international et c'est ça qu'on vise. Ce n’est pas de dépasser la France c'est d'être les Comores dans le Taekwondo. Si on pouvait commencer par moi ça serait vraiment un plaisir pour installer ce sport à l'international.
Question : Justement, est ce qu'il y a eu déjà une approche entre ton encadrement et la fédération de Taekwondo ?
I.A : Oui, il y'a eu une approche et actuellement on a pour projet potentiellement que je représente les Comores lors des jeux des îles en août prochain. C'est un projet qui se monte malheureusement sur le fil, on essaie de voir si ça aboutira incha'allah et voilà les démarches par lesquelles on a commencé.
Question : Est-ce que tu te vois un jour championne olympique ?
I.A : Absolument. Quel grand sportif ne se voit pas champion olympique. Forcément il faut se fixer des objectifs comme on dit viser les étoiles et décrocher la lune. J'espère que j'atteindrai la lune. Aujourd'hui j'ai 20 ans compte tenu de mon emploi du temps, de mes études qui sont très prenantes, de mon travail en France il faut que je me donne les moyens et il faut que je réussisse à aller le plus loin possible. Mais si malheureusement cet objectif n'est pas atteint par moi, mon but est qu'il soit atteint par d'autres personnes ici. J'aimerai également aussi former car c'est une passion aussi de transmettre ce que j'ai appris. Donc absolument oui, une championne olympique comorienne c'est très bien.
Propos recueillis par AS Badraoui
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