Nous sommes exactement à J moins 26 de l’ouverture des Jeux de la CJSOI a l’Ile Maurice. Le moins que l’on puisse dire est que le niveau de préparation de nos athlètes laisse à désirer et celui des haltérophiles est plus que préoccupant.
L'haltérophilie est l’une des disciplines sportives les plus énergivores, qui nécessite des conditions de récupération optimales et des équipements des plus adéquats qui permettent des conditions de sécurité à toute épreuve. « Les athlètes ne doivent porter qu’un seul maillot d’une seule pièce, sans cool qui ne doit pas recouvrir les coudes ni les genoux », ceci pour permettre à l'athlète d’avoir une plus grande dextérité dans ses mouvements. A défaut, l'athlète peut porter un T-Shirt et un collant ou un short. Il faut surtout éviter les habits trop larges pour ne pas gêner les mouvements des athlètes au moment de soulever ou de jeter la fonte.
Aux Comores, on est loin de ses standards. Les athlètes sont sous équipés et les conditions de pratique de la discipline sont loin d'être idéales. Des plateaux de travail qui sont loin des normes internationales et qui n’offrent aucune garantie sécuritaire pour les athlètes en cas d’une défaillance au moment de l'exécution de la charge. L’IWF permet l’utilisation de deux sortes de plateaux pour la compétition et l'échauffement. Le plateau compétition doit être de forme carrée et avoir 400 cm de côté alors que celui de l'échauffement doit avoir 300 cm de large et à peu près 250 cm de long. Ce que nous avons vu au foyer Grimaldi (petit marché) qui sert de salle d'entraînement pour nos jeunes athlètes qui doivent prendre part aux jeux de la CJSOI est presque inquiétant. Un plateau en bric et broc fait à partir de matériel de récupération, un espace trop petit pour permettre aux athlètes de travailler dans les normes, des équipements vieillissants et on ne parle pas des conditions de récupération des athlètes après les séances d'entraînement.
Ces jeunes, avec un dévouement inébranlable, accompagnés de leur entraîneur Ahmed Mohamed dit Pele s'adonnent à cœur joie à leur sport préféré malgré des conditions à peine acceptables. Ils n’ont comme récupération que de la bouillie de Sorgho préparée dans une vieille marmite posée à même le sol. Il ne serait pas étonnant que ces jeunes reviennent demain bredouille et à coup sûr ils en reviendront bredouille vu les conditions de travail mis à leur disposition pour préparer une compétition d’un tel niveau. Ailleurs, les athlètes qui vont prendre part à ces genres de compétition sont dans des conditions optimales de préparation pour éliminer toute éventualité d'échec. Chez nous, nous préparons les nôtres à un échec certain pour après les lamenter de n'être que des touristes de circonstances.
Il est temps que nos autorités prennent la mesure du danger (lassitude) qui guette nos sportifs qu'à force de jouer dans les limites vont finir par lâcher tout et c’est le pays qui en sortira perdant dans tous les côtés. A quoi bon aligner des athlètes quand on connaît les résultats d’avance. L’essentiel est de participer, mais il est aussi tout utile de gagner.
AS Badraoui
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