La Gazette

des Comores

Football féminin, le grand chantier du ballon comorien

Football féminin, le grand chantier du ballon comorien © : HZK-LGDC

Trois ans (2020) après l’instauration d’un championnat de football aux Comores, le football féminin a du mal à trouver sa vitesse de croisière. Au-delà des problèmes structurelles dont le plus patent reste le manque d’infrastructures, l’absence d’adhésion des comoriens par rapport à la pratique du football des jeunes filles reste le plus grand chantier à relever.


C’est le grand décryptage que la CAF vient d’effectuer pour la première fois sur le football féminin sur le continent africain. Intitulé rapport panoramique du football féminin, le document sorti le 31 mars dernier va servir de repère aux associations membres et « met en évidence les progrès réalisés jusqu’à présent dans le football féminin. » En tout, ce sont 52 pays et fédérations qui sont passés au crible dans ce rapport. « A l’issue d’une enquête méticuleuse et collaborative réalisée à travers le continent, la CAF a publié le premier Rapport sur le Football Féminin de la CAF dans le but de fournir un aperçu du paysage du football féminin en Afrique … » peut-on lire dans un communiqué de presse de l’instance faitière du football africain accompagnant la sortie du rapport.

En tout, le football féminin africain, c’est 150 635 licenciées, 4140 entraineurs, et 4724 arbitres, des chiffres qui montrent à quel point le football féminin présente un retard à la fois sur son homologue masculin sur le continent mais aussi loin de ce qui se fait de mieux ailleurs. Le constat devient inquiétant quand on voit les disparités qui existent d’un pays à l’autre. Quand un pays comme l’Afrique du Sud comptabilise 46 210 licenciées et 161 coaches avec la licence C de la CAF. Un pays comme les Comores ne comptabilise que 2 coaches avec la licence C de la CAF avec zéro sponsor pour le football féminin. Une caractéristique qui n’est pas singulier au football féminin comorien, sur les 52 pays scrutés, 41 n’ont aucun sponsor pour le football féminin. Toutefois, la plupart de ces pays bénéficient des subventions étatiques pour combler le manque de sponsoring, ce qui n’est pas le cas du football comorien en général et féminin en particulier. En Côte d’Ivoire par exemple, sur les 11,7 milliards de FCFA de budget de la FIF, 4,2 milliards seront consacrés aux subventions et financements, la part du sponsoring dans le budget total étant de 2 milliards.

Mis à part les problèmes structurels et de financement, le football féminin comorien souffre d’un manque d’attractivité. C’est pourquoi, on nous fait dire que du côté de la fédération plus particulièrement de la Direction Technique Nationale avec l’aval du Comité Exécutif, un vaste programme de séduction va débuter dans les prochaines semaines. Avec l’ouverture des académies scolaires, l’objectif visé est de faire insérer dans chacune d’elles un minimum de 15 à 20% de jeunes filles. A terme, c’est intégrer le football féminin dans le milieu scolaire pour permettre aux jeunes filles de s’initier au ballon rond dès le jeune âge. De cette initiative sortiront peut être des talents qui vont servir de pépinières aux 18 clubs seniors déjà existants. Mieux, la fédération pourra envisager de créer des compétitions des jeunes jusque là inexistantes et peut être un jour avoir une équipe nationale des moins de 15 ans.

Tout cela doit se faire en parallèle avec la formation des cadres plus particulièrement des arbitres qui sont au nombre de 13 actuellement mais aussi et surtout des entraineurs en sous-nombre. Présentement, le football comorien ne comptabilise que 4 femmes entraineuses.

 

AS Badraoui

 

 

 


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