Dans l'île de Djumbe Fatima, le gri-gri suscite la controverse. Le résultat du match, Onze Étoile contre Ouragan, divise. Le 1er accuse le 2e d'avoir fait recours au grigri pour s'imposer (4-2). La thèse est validée en « 1ère instance ». Ouragan interjette appel. Après réexamen des dossiers, et diverses auditions des officiels du match, la Commission d'Appel infirme la décision, assène des sanctions contre des arbitres, suspectés de corruption, et confirme ainsi sa victoire contre le gri-gri.
En Afrique, sorciers, guérisseurs et autres marabouts sont souvent très écoutés, et s'enrichissent ainsi sur le dos des personnes naïves, innocentes et pitoyables. Le football comorien échappe-t-il aux phénomènes. Certains fans de Bonbon Djema osent déclarer qu'ils sont à l'origine de l'exploit du derby de Moroni du 15 février dernier. Le chef de file Himidilahi explique : « Notre problème, ce n'était pas les stars de Volcan, mais c'était Massoundi, la puissance de son gri-gri fait peur. Mais, nous l'avons neutralisé. Il a quitté le stade avant la fin du match. Le reste c'était prévu. Désormais, c'est fini pour Volcan. Attention, Bonbon Djema n'est pas au courant de notre détermination à mettre au rampant la sorcellerie de Volcan ».
A Moili donc, le phénomène qui caractérise, l'affrontement entre Onze Étoile de Wanani et Ouragan Club de Boingoma, à l'occasion de la demi-finale de la Coupe des Comores, tenue dans la capitale le 6 février 2020, continue à faire couler un flot d'encre et de salive. Les Wananiens accusent l'équipe de Boingoma de n'avoir pas joué avec honnêteté. Ils le suspectent, preuve tangible à l’appui des arbitres du match, d'avoir fait recours au grigri pour se qualifier à la finale. Sans hésitation, la thèse est validée par la Commission d'Homologation : voir Pv n°02-02/Crhm/2020.
Se sentant lésé, Ouragan Club interjette appel auprès de la Commission régionale d'Appel. Après investigation et auditions des arbitres, et le commissaire du match, il s’avère que le juge central n'a rien aperçu, tout comme l'assistant n°1, l'assistant n°2 déclare avoir vu un objet de sorcellerie traîné sur le terrain, le 4e arbitre, originaire de Wanani, confirme avoir vu un joueur d'Ouragan, trimbalant en cachette un gri-gri, enfin le commissaire révèle qu'à la fin du match, l'arbitre central lui a remis une amulette, le petit objet imaginé d’être à l'origine de l'exploit contesté.
Convaincue que l'acte de sorcellerie, mettant en cause la victoire d'Ouragan relève de l'utopie, la Commission d'Appel infirme la décision prise en 1ère instance, confirme le score acquis le terrain (4-2) en faveur d'Ouragan, et suspend de toutes activités footballistiques jusqu'à la fin de la saison, le commissaire du match Ahamadi Boustoine, et les arbitres, Oscar Djanfar et Maldini.
Et parallèlement donc, la Commission d'Appel confirme sa domination sur le gri-gri. Mais, nous ignorons le score. Si le gri-gri existe. Le meilleur serait l'ardeur aux entraînements. Un dirigeant d'une équipe de football de l'île répète souvent qu'il préfère un bon marabout qu'un mauvais joueur. Le meilleur gri-gri, c'est l'ardeur aux entraînements, car la gloire se prépare et se mérite. En clair, la réussite est au bout de l'effort.
Bm Gondet
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