Ce n'est un secret pour personne, le sport comorien est dans une situation délétère dû au manque en grande partie de moyens financiers, gage de la mise en œuvre d'une vraie politique de développement. L'Etat ne subventionne pas ou peu le sport, les entreprises privées de la place ne sont pas encore convaincues par le bien fondé de s'appuyer sur le sport pour développer leurs activités.
Pour être convaincu que le sport ne fait pas partie des priorités des autorités malgré les bonnes paroles distillées au gré des événements, il suffit de revenir sur la Loi des Finances Initiale pour l'exercice budgétaire 2023. Le législateur a décidé pour cette année en cours d’allouer au ministère de la jeunesse et sports, qui abrite aussi l'emploi et les arts, un peu plus de 1,5 milliard kmf. Septième budget de l'Etat soit sept fois moins que celui alloué à la présidence de l’Union (8,7 milliards kmf), ce budget ne présente aucune perspective d'investissement ni de mise en place d'une vraie politique de développement.
Les fédérations en ce qui concerne le sport sont réduites à faire du porte à porte pour pouvoir financer leurs activités. Le manque d'infrastructures n'aidant pas à sécuriser le peu de recettes que les associations se font lors des différentes compétitions organisées par les fédérations respectives. Alors, la seule solution qui leur reste, c'est de chercher des sponsors. Seule la Fédération de Football des Comores semble avoir sorti son épingle du jeu. Avec des partenariats signés avec des sociétés comme Comores Télécom et Comores Hydrocarbures lui permettant d'avoir un peu de marge pour consacrer une partie des subventions FIFA au développement de la discipline. Ces partenariats ont tout de même une portée très limitée dans la mesure où elles ne concernent que les activités de l'équipe nationale (Cœlacanthes) et sur une période déterminée (mars 2021 - mars 2023) en ce qui concerne les 100 millions de la Société Comorienne des Hydrocarbures.
Outres ces deux instances, le football comorien à travers les Coelacanthes a toujours été soutenu par le chef de l'Etat via le budget de la présidence de la République. Un soutien multiforme qui va du payement des primes, au payement des hôtels en passant par les billets d'avion. Un problème de riche qui ne concerne que l'équipe nationale. Au contraire des autres fédérations ou du moins les équipes nationales qui ont du mal à mobiliser des fonds ne serait-ce que pour des rassemblements. Des fois, des équipes nationales sont obligées de déclarer forfait par manque de moyen de déplacement.
Des clubs, toutes disciplines confondues se retrouvent dans des mêmes situations. Une problématique qui n'aide pas la jeunesse à faire du sport un enjeu pour le développement mais, plutôt comme un passe temps qui de temps à autre peu te donner la possibilité de voyager non pas pour une obligation de résultat mais pour faire partie de ceux qui étaient présents. Un aspect qui renforce l'idée que le sport ne renferme en elle une certaine méritocratie. L'enjeu pour les autorités et les acteurs du sport est de faire en sorte que les jeunes qui s'engagent dans n'importe quelle discipline aient en mémoire que le sport est une partie de leur réussite. L'Etat doit de son côté faciliter la pratique du sport par la construction d'infrastructures adéquates à la pratique du sport et élaborer une stratégie nationale de développement à travers des partenariats (sponsoring) avec les grandes entreprises et sociétés de la place.
AS Badraoui
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