La nature a cette particularité, qu'après avoir opéré reprend ses droits et se soucie peu des conséquences de son passage. A ce propos, le grand poète Réunionnais du 19e siècle Leconte De Lisle disait à juste titre "la nature se rit des souffrances humaines, et garde pour sa part le calme et la splendeur". Le départ du sélectionneur des cœlacanthes a créé ce sentiment au sein de la population qui allie crainte et appréhension.
Comme toute fatalité, malgré son caractère inéluctable, elle finit toujours par surprendre. Le départ de Coach Amir Abdou bien que dans les tablettes depuis un moment, a pris tout le monde au dépourvu. De part sa scénographie, une déclaration par visioconférence, par l'endroit choisi, la présidence de la République que par le contenu même de sa déclaration. Si le message en soi ne souffre d'aucune ambiguïté « Aujourd'hui, j'ai décidé de quitter ce poste de sélectionneur après 8 années de ce qui me semble important de ne pas tomber dans le piège de la stricte continuité ». Le fait de s'adresser directement aux plus hautes autorités du pays qu'à celles de la FFC a quelque peu alimenté la polémique. Passé le tintamarre de l'étonnement, il faudra poser la question essentielle. Que faire après le retrait du coach.
Annoncé un peu partout mais, avec persistance aux Mourabitounes (équipe nationale de la Mauritanie), ce retrait met au défi la FFC de lui trouver un remplaçant dans les meilleurs délais afin de faire face aux nombreuses échéances à venir. Ce saut vers l'inconnu inquiète d'autant plus que nous sommes à 3 mois (1er au 14 juin) du début des éliminatoires de la CAN 2023.
Le départ du sélectionneur va engendrer tout un déséquilibre dans toute la chaîne de prise de décision. Comment la fédération va gérer cette situation un mois avant l'unique match test des verts avant le début des éliminatoires de la CAN ivoirienne. Y a-t-il déjà des tractations au niveau du Comité Exécutif pour un éventuel remplaçant. On ne saurait le dire mais, d'ors et déjà des noms commencent à circuler dans le petit monde du ballon rond.
L'ancien international Comorien, Djamal Bacar qui vient de finir ses diplômes d'entraîneur est cité parmi les sérieux candidats. L'autre nom qui revient sans cesse dans les commentaires est celui d'Ibrahim Rachidi, l'ancien capitaine des verts. Le Bielsa Comorien comme on l'appelle dans le milieu, est entrain de faire un travail remarquable depuis 2018 avec les U16 de l'Olympique de Marseille. Sans doute le choix de la FFC sera animé avant tout par un souci de stabilité. Changement dans la continuité pour éviter des grands bouleversements qui viendraient remettre en cause tout ce qui a été fait ces 10 dernières années.
Alors dans cette éventualité le nom de Younès Zerdouk sonne comme le choix de la raison. Adjoint d'Amir Abdou depuis quelques années, il a le profil pour lui succéder. Sa connaissance du terrain, le lien affectif qu'il a créé avec les joueurs mais surtout son calme qu'il a démontré lors du 8e de finale de la CAN fait de lui un candidat sérieux à la succession d'Amir Abdou. D'autres noms jusqu'e là peu évoqués, commencent à raisonner semble-t-il dans la maison de la FFC sise à Oasis.
Selon un site qui se fait appeler "CAN 2023", la FFC serait en négociation pour s'engager les services du sorcier blanc (Claude Leroy). Grand admirateur des Cœlacanthes, l'ancien coach du Togo et champion d'Afrique avec le Cameroun en 1986, serait en bonne position pour reprendre le flambeau d’Amir Abdou.
AS Badraoui
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