Près d'un mois (11 janvier), après la fin des 12èmes Jeux des jeunes de l'Océan Indien, les primes de la délégation plus particulièrement celles de la trentaine d'athlètes qui avaient composé la délégation se font toujours attendre.
Nous ne le dirons jamais assez, un pays ne peut pas se développer en faisant fi du propre développement de sa jeunesse. Le développement de cette dernière passe forcément par la reconnaissance du savoir et de l'apport de celle-ci dans la marche du pays. Ce qui se passe dans ce pays va à l'encontre de ce principe, la jeunesse est de plus en plus rabaisser, déconsidérée, limite maltraité.
Et nous ne le dirons jamais assez, le chef de l'Etat ne peut tout faire, il nomme des ministres qui sont censés exécuter la politique mise en place par le chef de l'Etat et en respect de la nomenclature budgétaire sous forme d'une loi de finances Initiale (LFI). Ce dernier a par contre le devoir de démettre tout ministre qui se serait montré incompétent dans l'exercice de ses fonctions. Dans le cas d'espèce qui concerne la gestion des jeux des jeunes les deux ministres concernés (finances et jeunesse et sports) ont failli.
Des jeux en bric et broc. La préparation de 10 jours des athlètes, si elle n'a pas été perçue comme préjudiciable au vu des résultats, elle a été insuffisante au vu des enjeux. Le départ des athlètes jusqu'à leur arrivée à Port-Louis est un préfabriqué d'approximation, partie à Moroni le 3 janvier avec escale à Nairobi, une partie de la délégation à raté la cérémonie d'ouverture vu que la délégation comorienne a été scindée en deux dans la capitale kenyane. Plus préoccupante, l'absence d'équipements dans certaines disciplines a été préjudiciable notamment pour l'athlétisme qui a vu deux athlètes renoncer à leur course faute d'équipements. L'entreprise qui était censée les fournir n'était pas encore payée pour la livraison des dits équipements.
Comble de l'irresponsabilité, l'absence de la part des autorités envers ces jeunes qui ont bataillé à contre courant pour mieux représenter le drapeau national. Aucune cérémonie n'a été organisée pour honorer ces enfants. Pire, on a encore une fois marché sur leur droit, les primes de circonstances n'ont pas été versées en dépit des promesses ministérielles. En effet quelques jours après le retour de la délégation et le tollé de la non remise des primes, le ministère de la jeunesse et sports avait organisé une conférence de presse en catimini pour essayer d'éteindre le feu et des promesses ont été faites de régler la situation dans un délai raisonnable. Depuis, c'est le silence radio, ni au niveau du ministère des finances accusé de faire du retard dans les décaissements ni au ministère de la jeunesse et des sports. Les 19 millions censés payer ces primes restent introuvables.
Après on s'étonne si des athlètes comoriens préfèrent fuir à l'extérieur dès que l'occasion se présente. Ce manque se considération ne donne pas vraiment envie à qui que ce soit de se battre pour finalement récolter du mépris par ceux qui sont censés défendre leurs intérêts. En tout cas si la volonté du chef de l'Etat de vouloir accueillir les 12èmes jeux de l'océan indien en 2027 est réelle, ce n'est pas avec cette équipe qu'il va devoir compter pour que cela se réalise. Sinon on sera obligé à faire contre mauvaise fortune bon cœur, céder notre tour à l'autre Comores (Mayotte) qui semble bien déterminé à abriter ce rendez-vous triennale des athlètes du Sud-Ouest de l'océan indien.
ASB
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