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des Comores

Cœlacanthes Assurer l'avenir dans le changement des générations

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Cœlacanthes  Assurer l'avenir dans le changement des générations © : HZK-LGDC

La Confédération Africaine de Football va probablement acter le report de la CAN 2023 lors de l'assemblée générale d'août en Tanzanie. Et des remaniements au niveau du calendrier vont être opérés fatalement.


Ce n'est forcément pas une mauvaise chose que la CAN soit reportée surtout pour une équipe comme les Cœlacanthes qui se trouvait déjà sous pression bien qu'ayant une victoire sur les deux matches qu’elle a déjà joué et une défaite au compteur. Cette prolongation du calendrier des éliminatoires est aussi un moment idéal pour le sélectionneur Younes Zerdouk de se projeter dans un avenir plus ou moins proche. Celle du renouvellement générationnel des cadres qui composent l’équipe depuis bientôt 10 ans. Le cycle doit s'achever un jour quoi qu'il en coûte. Et on ne devrait pas avoir peur de se poser ces genres de questions. Des pays mieux organisés et avec des moyens plus conséquents que les nôtres les ont occulté et l’ont appris à leur dépend. Dès joueurs fussent-ils les meilleurs ont fini par prendre le contrôle et sont devenus des faiseurs de rois (sélectionneurs).

 

Des pays comme le Cameroun, le Nigeria... en ont fait l'amère expérience. Les Comores ne sont pas encore dans cette phase là, mais les prémices et les germes sont là pour nous rappeler que le moindre faux pas peut plonger le football comorien dans les abîmes. Des cadres bien installés, une nouvelle génération qui commence peu à peu à prendre de la place un cocktail explosif qui risque nous sauter à la figure si des mesures ne sont prises avant que cela ne devienne un problème. Pour commencer, il faut bannir toute idée de clans, pour éviter de diviser le vestiaire. Les joueurs les plus anciens ne doivent pas se sentir trop légitimes au point de croire que sans eux l'équipe n'est rien. Les nouveaux venus ne doivent pas se sentir aussi importants au point de vouloir chasser à coups de pieds ceux qui ont bâti à partir de rien ce qui est devenue une sélection connue et reconnue à travers le continent et au-delà.


Si l'on arrive à maintenir cet équilibre transitionnel, quand le changement cyclique adviendra cela risque d'être moins impactant en termes de conséquences négatives. Le sélectionneur, quel qu'il soit doit avoir une marge de manœuvre très conséquente. En termes politiques, il doit se placer au-dessus de la mêlée. Il est de son devoir de créer une dynamique de groupe pour empêcher toute scission, car avant tout, il a le devoir de pouvoir « organiser, d'animer, de contrôler, d'assumer les décisions ». Il doit se soustraire de toutes influences. Ni les joueurs, ni les dirigeants ne doivent pas avoir de contrôle, que ce soit sur le choix des joueurs, de qui doit être sélectionné ni sur le plan du jeu, de qui doit jouer ou pas. Il doit avoir suffisamment d'indépendance pour être mis devant ses propres contradictions dans l'éventualité d'une contre-performance.


D'autres problèmes peuvent être aussi sources de tensions à l'intérieur d'une équipe. Le problème du capitanat est l'un d'entre eux. En 2010, l'on s'en souvient du clash qu'il y'a eu dans la tanière des lions indomptables (Cameroun) quand le sélectionneur Paul Le Guen, a décidé de faire passer le brassard de Rigobert Song le capitaine emblématique à Samuel Eto'o la star incontestée de l'équipe. Une situation qui avait tellement déstabilisée l'équipe qui s'est fait sortir des le premier tour (3 défaites) dans un groupe (Pays-Bas, Danemark, Japon) où ils avaient la possibilité d'accrocher l'une des deux premières places. La guerre d'ego enclenché par ce geste a ruiné toutes les chances du Cameroun qui était au mondial Sud Africain avec des ambitions d'aller au minimum en quart de finale. Des sujets extra-sportifs (contrat mal ficelé, primes de match et autres) peuvent être synonymes de déstabilisation d'un groupe voir du système (fédération) dans son entier.


Nous l'avons appris à nos dépends récemment après la fuite de la lettre du Team Manager dans les réseaux sociaux qui aurait pu faire des dégâts énormes mais, le sens de la responsabilité des uns et des autres surtout au niveau de la FFC qui a temporisé au lieu de dynamiter a fini par faire rentrer les choses dans le bon chemin. Alors que dans d'autres cieux, ces genres d'histoires auraient fait les choux gras de la presse et locale et internationale. L'on s'en souvient tous de l'histoire de Daniel Cousin ex sélectionneur du Gabon (2019), rapportée par nos confrères de Jeunes Afrique. Ce dernier aurait cumulé 30 mois d'arriérés entre son poste de Team Manager et celui de sélectionneur, sans jamais signer de contrat.


Younes Zerdouk, a-t-il suffisamment les épaules solides pour s'éviter d'être enfermé dans des luttes intestines. La génération des premiers (Fardou, Nadjim, Selemani, ...) sera-t-elle prête à passer le flambeau aux Yacine Bourhane et consorts le moment venu. C'est en tout cas ce que nombre de supporters souhaite vivre, une succession en douceur. Sur la notion de groupe et la nécessité de le maintenir en un bloc indivisible, nous citerons le proverbe maure qui dit " le fardeau supporté en groupe est une plume"

 

AS Badraoui

 


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