La Gazette

des Comores

Chaker Alhadhur, un joueur dans la cage

Chaker Alhadhur, un joueur dans la cage © : HZK-LGDC

Quelques mois après l'exploit des Comores en coupe d'Afrique des nations et une journée après le tirage de celle de 2023, nous revenons sur l'un des moments historiques de cette épopée Comorienne. Chaker Alhadhur revient sur ce qu'il a vécu ce jour mémorable de 8e de finale.


International comorien depuis 2014, Chaker Alhadhur fût parmi les premiers à avoir répondu à l'appel du sélectionneur (Amir Abdou) fraîchement nommé. Né en 1991 à Nantes, ou il a fait toute sa formation, c'est tout naturel que c'est sous le maillot jaune et vert des Canaris qu'il signe son premier contrat professionnel en 2013. En 2015 il est transféré au Stade Malherbe de Caen avant d'être prêté à la Berichonne de Châteauroux. Depuis octobre 2021, il évolue sous les couleurs de l'AC Ajaccio. Avec les cœlacanthes, il fut de tout les rendez-vous notamment lors de l'épopée camerounaise qui l'a fait rentrée un peu plus dans la légende pour toujours dans l'histoire de la coupe d'Afrique des nations.

 

Désormais le nom de Chaker Alhadhur sera associé à ce fameux match de 8e de finale de la CAN 2021. Décimés par la pandémie covid-19, les verts ont dû recourir à l’un des joueurs de champs pour palier l'absence de gardien de but. 54foot revient sur cette anecdote unique en son genre, et qui de mieux pour la raconter que le propre intéressé. « Jusqu'à la dernière minute, nous croyions qu'il allait avoir une dérogation de la CAF pour permettre à Ali Ahamada de jouer le match », nous a raconté le gardien d'une nuit. A la question de savoir comment s'est-il senti après avoir été désigné, Chaker de continuer : « Sur le coup, je n'y croyais pas trop, c'est une sensation étrange. C'est quelque chose qui ne s'est jamais passé dans l'histoire, mais il fallait que je me prépare. J'étais désigné juste à la veille du match, on a beaucoup rigolé de la situation entre nous on avait toujours l'impression que la CAF allait faire quelque chose ».

 

Le joueur de l'AC Ajaccio est revenu aussi sur l'ambiance du groupe. « C'était tendu, il y'avait beaucoup de pression et surtout d'interrogation dans la mesure où Ali Ahamada était venu en même temps que nous au stade, on se disait tous qu'il y'allait avoir quelques chose », poursuit-il. Cette impression d'une décision de dernière s'expliquait aussi par le fait que « pendant l'échauffement d'avant match, je me suis entraîné avec les joueurs mais non comme étant gardien de but ».


Jamais dans ses rêves les plus fous, le natif de la région nantaise n'aurais cru évoluer même le temps d'une mi-temps au poste de gardien de but. Et encore dans une compétition aussi prestigieuse que la coupe d'Afrique des nations. « C’est après toutes ces étapes que j'ai basculé mentalement que c'est moi qui allait être le gardien de but, soit on  prend une valise soit on fait honneur au maillot. Finalement on a fait une bonne performance on a eu des occasions », dit-il. Et de renchérir : « Tout le monde est venu me féliciter et ça m'a fait chaud au cœur car je m'y attendais pas à une telle réaction ». 


Après la CAN, l'international comorien a mis son maillot en vente en faveur d'association caritatives aux Comores et en Afrique. Le joueur a tenu à expliquer ce geste plein d'humanité. « Je ne savais pas qu'il y'aurait un tel d'impact. J'ai reçu tellement de message de soutien de partout après ce qui s'est passé. Ils m'ont soutenu, il fallait que je redonne un peu aux gens ce qu'ils m'ont donné », avance-t-il. L'histoire ne pouvait se terminer sans connaître le fin mot du maillot strappé. « L'intendant de équipe avait déjà floqué le numéro 16 mon dessus mais, la CAF a refusé dans la mesure où  ce numéro était celui d'Ali Ahamada. Donc on fait avec ce qu'on a trouvé », conclut-il.

 

Ahmed Saïd Badraoui

 


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