La Gazette

des Comores

Azid Housein, un mort de trop

Azid Housein, un mort de trop © : HZK-LGDC

Les actes de violence dans les terrains n'en finissent plus d'émouvoir l'opinion publique. Jamais un week-end ne se passe sans qu'il y'ait un acte de violence signalé dans les différents stades, plus particulièrement ceux du football.


Il n'avait pas l'âge d'un supporteur. Si on devait lui chercher un qualificatif à tout prix, nous dirions de lui que c'était un suiveur. Un gamin du village qui de temps à autre suivait les aînés pour aller voir l'équipe de sa localité. S'il avait su que ce jour du 5 mars allait être fatal pour lui, sûrement qu'il se serait abstenu de suivre la foule pour ce match qualifié de tous les risques.

 

Si le football n'était pas devenu ce champ de bataille où s'exprime tout le « mal être » d'une jeunesse désœuvrée, Azid serait toujours en vie. Si le football n'était pas devenu cet exutoire où se superposent les haines de tout genre, Azid serait en vie. Si le football n'était pas devenu ce lieu favori où se règlent les différends entre communautés et localités, Azid serait encore de ce monde. Si les acteurs du football avaient compris que les stades étaient avant tout des lieux de rencontre et de fraternisation, Azid serait en vie. Si les acteurs du football avaient compris que dans une rencontre il fallait un vainqueur et un perdant, Azid serait en vie. Si ces mêmes acteurs avaient compris que le vaincu d'aujourd'hui sera forcément le vainqueur de demain Azid serait toujours en vie. Si la complicité des autorités quelles qu'elles soient n'étaient pas à ce point poussée à l'excès jusqu'à être assimilée à de la complaisance, Azid serait toujours en vie. Si la manipulation des masses n'était allée aussi loin, Azid serait sûrement en vie.

 

Pour  illustrer la dangerosité de la manipulation, pas plus tard que dimanche dernier lors de la rencontre opposant FC Mtsamdu 77 à Victoire Club comptant pour la 13e journée (D2) de la  poule B dans la capitale du Washili, il y a eu des incidents dans un terrain de foot. Dans une vidéo qui est devenue virale en quelques minutes, on voit le gardien de but de Victoire Club saigner au nez, celui qui faisait le commentaire disait que le malheureux gardien était atteint par un projectile (pierre) lancé par des adversaires.

 

Interrogé sur cette situation, la ligue de football de Ngazidja, citant le commissaire du match et l'arbitre montre que « le gardien s'est cogné contre l'un des montants de son but lors d'une intervention ». Si cela se confirme alors, les dispositions contre les atteintes aux troubles à l'ordre du public doivent être activées afin de chercher l'auteur de la vidéo pour qu'il réponde de ses actes devant les autorités compétentes.

 

AS Badraoui

 


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