A l'île Maurice, les membres du Comité International des Jeux (Cij), ces administrateurs, chargés de l'attribution des Jeux, ont voté pour les Maldives. Comores et Madagascar, candidats malheureux, ont chacun soutenu son dossier. Les Maldives vont donc accueillir une délégation de 2000 personnes, âges et sexes confondus, engagées sur 14 disciplines sportives et le volet Jeunesse. Votre journal a effectué un « micro-trottoir » au niveau des trois îles. Les impressions recueillies pour cet énième échec des Comores, divergent.
Mtukufu Boilolo, secrétaire général de la Ligue de football de Ndzouani : « Ce n'est pas pour rien qu'on nous élimine constamment. Le Cij pense que nous sommes incapables d'assumer une responsabilité de cette envergure. Sommes-nous prêts et aptes à abriter une édition quelconque ? La question mérite d'être posée car cela fait longtemps qu'on ambitionne l'organisation de ce rendez-vous sportif de la sous-région ».
Mdahoma-fils, journaliste d'un quotidien de la place, tempête : « Les équipes du Comité Olympique et du Comité d'Organisation des Jeux ont encore échoué. C'est le énième échec. Elles doivent partir, et laisser la place à d'autres personnes plus averties, tenaces et dynamiques. Les autorités doivent les pousser à une porte de sortie, même dérobée. Bilan des médailles, lanterne rouge et dossier technique, décevant : pourquoi garder encore ces budgétivores ? ».
Madiane Mohamed Issa, président de la Fédération Comorienne de Volley-ball paraît être déçu dans son optimiste : « Pour moi, ce n'est pas un échec, mais plutôt une déception. Les membres du Cij ont voté au profit des Maldives. Les Comores d'aujourd'hui ne sont pas les Comores des années quatre vingt dix. Si le Cij nous avait accordé sa confiance, on aurait pu être au rendez-vous, en termes d'infrastructures routière, hôtelière, sportives, etc. Certaines disciplines sportives individuelles peuvent se dérouler dans des foyers à large espace et multifonctionnels, par exemple Haltérophilie, Judo, Taekwondo, etc. On a vu à l'île Maurice ».
L'un des objectifs de ce rendez-vous sportif majeur de la région, c'est entre autre de créer un événement régional afin de favoriser le développement des infrastructures des pays de la zone qui accusent un retard considérable. La construction des structures olympiques (gymnase, piscine et villages des Jeux) nécessite-t-elle un siècle ? Un retard n'est pas un déshonneur, et n’engendre pas une pénalisation. Rappelons-nous de l’acrobatie architecturale des Mauriciens lors de la tenue de la 2e édition. Ces Jeux des îles ont lieu tous les quatre ans. Après l'édition inaugurale de la Réunion en 1979, faute d'infrastructures adéquates, au lieu de 1983, Maurice n'a pu organiser la 2e édition qu'en 1985, c'est à dire avec un retard de deux ans.
Joint par interphone à Moili, le vice-président de la Fédération de Football des Comores, Omar Hassanali tient un langage pédagogique, ou presque. « Écoutez, c'est une question de volonté. Il ne suffit pas dire que nous voulons organiser pour que le dossier retienne l'attention du Cij. Après les 1ers Jeux en 1999, on nous avait confié à plusieurs reprises, le flambeau des Jeux. Mais, en vain ! Si aujourd’hui, le Cij se montre hésitant à prendre en considération notre dossier, il doit avoir ses raisons ». L'édition 2027 sera-t-elle favorable aux Comores ?
Bm Gondet
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