La Gazette

des Comores

Affaire des handballeurs : Les langues se délient

Affaire des handballeurs : Les langues se délient © : HZK-LGDC

En attendant la réponse du gouvernement suite à la réaction de l'ambassade de France après l'évaporation des handballeurs comoriens à l'île de La Réunion, les trois qui sont revenus, sont sortis du silence.


C'est dans les réseaux sociaux que les trois revenants ont choisi de s'exprimer. Attendus sur place depuis le 27 juin, les athlètes comoriens n'ont pu se déplacer après le cafouillage qui a suivi l'octroi des visas. C'est donc le 29 juin que la délégation composée de 3 clubs a pu décoller de l'aéroport prince Said Ibrahim. Deux clubs masculins (Kazampasani, Uhuru) et un club féminin (Rafale) ont constitué la délégation de 57 personnes qui devaient prendre part à la ligue des champions de l'Océan indien. Mais dès leur descente d'avion, c'était la stupeur générale. « Aucun dispositif d'accueil n'a été mis en place pour nous accueillir », a tenté d'expliquer la présidente du club Kazampasani de Mutsamudu.


La fuite des athlètes a tellement fait un tollé que chacun essaie de jeter la responsabilité sur son prochain. Un nom revient dans toutes les conversations, celui du ministre de la jeunesse et sports. Les conférenciers semblent ne pas partager cet avis. Pour eux, le ministre n’est pas le seul responsable. « C'est une responsabilité partagée et chacun doit assumer sa part », ont-ils lancé. Durant cette rencontre avec la presse, les trois ont aussi montré leur amertume. « On était livré à nous mêmes », disent-t-il, avant d’ajouter que « nos réservations d'hôtel ont été annulées, c'est pourquoi ceux qui avaient de la famille ont été pris en charge par leur parents sur place ».

 

Cette absence de prise en charge justifie à elle seule que la délégation comorienne n'avait plus de raison de se rendre à l'île Bourbon. Une thèse balayée d’un revers de la main par les trois intervenants. « Dès notre arrivée, les autorités aéroportuaires ont appelé les organisateurs pour leur signifier notre présence, et ces derniers ont confirmé bel est bien que nous sommes là dans le cadre de cette compétition », tentent-ils d'expliquer.

 

Si les trois condamnent l'acte de leurs co-équipiers, ils se disent indignés de l'ampleur médiatique qui a découlé de cette évasion. Et maladroitement, la présidente de Kazampasani a essayé de donner son impression. « Ce n'est pas la première fois que des athlètes fuient en France, mais cette fois comme c'était des anjouanais alors ça ne passe pas », lâche-t-elle. Dès propos truffés de contradictions, et qui ouvrent la voie à toutes les spéculations.


Les deux dirigeants de Kazampasani et l'arbitre ont aussi expliqué que des athlètes ont payé leurs propres billets, vu qu'aucune prise en charge n'a été faite au niveau de l'Etat. En tout cas, cette histoire qui n'en ait pas encore à sa fin, montre l'urgence de revenir sur les questions fondamentales, comme l'éducation civique et le devoir du respect de la parole donnée.

 

AS Badraoui

 


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