Samedi 23 mai, aux alentours de 17 heures, une quinzaine de jeunes détenus se sont évadés de la prison pour mineurs de Moroni après avoir agressé le gardien-chef et profité d’une porte laissée ouverte. La plupart ont été rattrapés le jour même au marché de Volo-Volo et à Grimaldi. Mais deux détenus, poursuivis pour agression sexuelle, sont toujours activement recherchés.
L’incident, survenu samedi dernier, a mis en lumière une faille dans le dispositif de sécurité de l’établissement. Selon les premiers éléments de l’enquête, les détenus ont profité d’une porte de sortie non verrouillée pour prendre la fuite. « La porte de sortie n’était pas fermée à clé. Ils ont agressé le gardien-chef qui se trouvait sur place avant de s’enfuir », a confié une source proche du dossier. Dès l’alerte donnée, une opération de recherche a été déclenchée. La majorité des mineurs en fuite a été retrouvée le jour même au marché et à Grimaldi. Deux d’entre eux restent cependant introuvables à l’heure actuelle. Les recherches se poursuivent pour les localiser.
Les mineurs évadés sont âgés de 15 à 17 ans. Au moment des faits, ils étaient poursuivis pour des affaires d’agression sexuelle et de vol. Leur évasion pose la question de la gestion des accès et de la surveillance au sein de la prison pour mineurs de Moroni. Paradoxalement, depuis l’évasion, les familles des deux mineurs toujours en fuite ne se sont pas présentées auprès des autorités pour s’enquérir du sort de leurs enfants. Cette absence interroge dans un contexte où l’on attendrait, en temps normal, une mobilisation des proches pour obtenir des informations ou faciliter le retour des fugitifs.
Ce silence soulève plusieurs hypothèses : crainte des représailles judiciaires, rupture du lien familial, ou méconnaissance de la situation. Aucun élément officiel ne permet à ce stade d’expliquer cette distance. Il met toutefois en évidence la complexité du suivi des mineurs délinquants, entre responsabilité institutionnelle et rôle de la famille. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les responsabilités dans cette évasion. Elle devra notamment éclairer les conditions dans lesquelles la porte de sortie est restée ouverte et évaluer le déroulement de l’agression contre le gardien-chef.
Notons que le samedi 30 mai dernier, plusieurs détenus se sont évadés de la maison d’arrêt de Moroni. « L’évasion a eu lieu vers 03h du matin. Or, l’alerte a été donnée à 06h du matin. 3 heures de temps plus tard », a affirmé notre interlocuteur. A l’heure où nous bouclons ces lignes, aucun des évadés n’a été retrouvé. Cette nouvelle fuite relance les interrogations sur le fonctionnement du système pénitentiaire : où se trouvaient les agents de sécurité pénitentiaire au moment des faits ? Qu’en est-il des dispositifs de vidéosurveillance ? Sollicité, le parquet de Moroni, n'a pas souhaité communiquer. À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite sur d’éventuelles mesures disciplinaires ou sur le renforcement du dispositif de sécurité. Les autorités continuent de rechercher activement sur les deux mineurs toujours en fuite.
El-Aniou Fatima
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