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des Comores

Évasion à la maison d’arrêt de Moroni : Cinq détenus toujours en fuite

Évasion à la maison d’arrêt de Moroni : Cinq détenus toujours en fuite © : HZK-LGDC

Au total, dix prisonniers ont tenté de s’évader dans la nuit du vendredi 20 mars dernier, à la maison d’arrêt de Moroni. Cinq d’entre eux ont été rapidement rattrapés à l’intérieur même de l’établissement, à l’exception de Noël Saïd, retrouvé plus tard dans le domicile du directeur de la sécurité de la prison de Moroni. Ce dernier est notamment impliqué dans l’assassinat de la défunte Faina, une enfant de quatre ans.


Les faits remontent à cette nuit du vendredi 20 mars. Sur les dix détenus impliqués, cinq ont réussi à prendre la fuite en franchissant un mur menant vers la gendarmerie nationale. À la suite de cet incident, le parquet de Moroni a poursuivi cinq agents de sécurité pénitentiaire pour complicité d’évasion et tentative d’évasion. Halilou Chaïhane, Moustayiou M’lamali, Mansouri Chabaane, Ahmed Benadé et Noël Saïd ont été interpellés. Tous poursuivis pour tentative d’évasion, ils ont reconnu les faits qui leur sont reprochés lors de leur comparution, vendredi 27 mars, devant le tribunal correctionnel de Moroni. « L’idée de s’évader a toujours été présente en nous. Nous souffrons de maladies de peau, notamment au niveau des parties intimes, et le médecin de la prison nous dit ne pas disposer de médicaments pour nous soigner. Cette situation dure depuis longtemps », ont-ils déclaré.

Devant le juge, Saïd Ali, agent de sécurité, a affirmé s’être blessé au genou et aux doigts en tentant de maîtriser les détenus lors de l’évasion. « Je me trouvais dans le secteur de la grande salle, en train de placer les prisonniers dans leurs cellules. Aucun détenu de cette salle ne s’est évadé. Ensuite, j’ai entendu un cri de Ziyad. Je me suis précipité dans la cour et j’ai rattrapé deux détenus près du portail de sortie », a-t-il expliqué. De son côté, Mohamed Issimail, également agent de sécurité, a indiqué avoir aperçu un individu sur les caméras de surveillance. « Je l’ai signalé à Mohamed Bacar, qui m’a répondu qu’il s’agissait d’un chat », a-t-il déclaré. Il ajoute s’être ensuite précipité à l’extérieur, où il a vu plusieurs détenus dispersés, se blessant à l’épaule lors de l’intervention.

Darmine Ahamdi, autre agent de sécurité, a expliqué : « J’étais dans la grande salle avec Ziyad et Saïd. Ils sont ensuite sortis en fermant la porte, et je suis resté à l’intérieur avec les détenus, en essayant de les calmer. » Mohamed Bacar a reconnu une négligence : « Je n’étais pas à mon poste. J’étais dans la salle de surveillance. J’ai dit à Issimail que les images montraient un chat et non une personne. » Il a toutefois nié toute complicité dans l’évasion.

Dans ses réquisitions, le parquet a demandé : six mois de prison ferme pour Mansouri Chabaane (vol), un an ferme pour Noël Saïd (assassinat et viol), un an ferme pour Halilou Chaïhane (agression sexuelle), un an ferme pour Moustayiou M’lamali (crime), six mois ferme pour Ahmed Benadé (coups et blessures volontaires). Concernant Saïd Ali, Mohamed Issimail et Ziyad Aboubacar, la substitut du procureur de la République s’en est remise à la sagesse du tribunal. Pour Mohamed Bacar, elle a requis 3 ans de prison, dont 2 fermes. Elle a également demandé six mois ferme pour Darmine Ahamdi, ainsi que l’arrestation de BB et Kayame.

Dans sa plaidoirie, la défense de Darmine Ahamdi, assurée par Me Djamal El-Dine Bacar et son confrère, a plaidé l’innocence de leur client : « Notre client a agi avec courage en tentant de calmer les détenus. Enfermé avec eux dans la grande salle, il a essayé de maintenir l’ordre. Il n’a pas participé à l’évasion et doit être acquitté. » Ils ont conclu : « Il est injuste de poursuivre un homme qui a fait tout son possible pour empêcher cette évasion. Il a mis sa vie en danger et a fait preuve d’un grand sens des responsabilités. Nous demandons son acquittement. »

De son côté, Me Tony Homadi, avocat de Saïd Ali, a déclaré : « Mon client a été blessé en tentant de rattraper les détenus. Il a accompli son devoir et ne devrait pas être poursuivi. Nous demandons également son acquittement. » Le verdict est attendu le 3 avril prochain.

El-Aniou Fatima

 


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