Le rapport final de la contre-expertise sur l'état de santé d'Ahmed Abdallah Sambi, rédigé par le collège de médecins mandatés par le procureur général, révèle que l'ancien président de 68 ans souffre d'une ischémie cardiaque. Son état nécessite une coronarographie, un examen qui ne peut pas être réalisé aux Comores.
Selon plusieurs sources proches du dossier, le collège de médecins mandatés par le procureur général pour mener les travaux de la contrexpertise concernant l’état de santé de l’ex-chef d’État Ahmed Abdallah Sambi, a clos son rapport médical depuis samedi soir. Une information confirmée par le médecin traitant du prisonnier politique de 68 ans. « Le rapport est effectivement bouclé. Je vais le remettre au procureur général cet après-midi (hier dimanche, NDLR ». Selon nos informations, les multiples examens réalisés au cours de ces investigations qui ont duré plus de deux semaines, ont mis en évidence cette ischémie cardiaque. Interrogé à ce sujet, le Dr Toufail Houmadi, médecin traitant à la tête du collège médical, n'a ni confirmé ni infirmé l'information, rappelant qu'« il appartient au procureur de s'exprimer sur le sujet ».
Toujours selon nos informations, les médecins recommandent en urgence une coronarographie, un examen radiologique spécialisé qui permet de cartographier les vaisseaux du cœur, qui n’est malheureusement pas disponible aux Comores. Par ailleurs, les praticiens avaient initialement détecté des signes en faveur d'une embolie pulmonaire. Bien que Sambi ait passé un angioscanner thoracique pour confirmer ce diagnostic au centre hospitalier d'El-Maarouf mercredi dernier, aucun résultat précis n'a filtré à ce stade.
Signe de l’extrême gravité de son état de santé, ce mercredi l’ancien-président est apparu visiblement très fatigué. C’est prostré, sa tête penchée vers la droite, une main tenant la joue, inerte, qu’on l’a dirigé vers le centre d’imagerie. Environ trente minutes plus tard, le tribun est réapparu toujours en fauteuil, toujours prostré. Parvenu au niveau du véhicule, à hauteur du siège arrière, il n’a pas eu la force de soulever ses jambes. Ici aussi, il se fait aider pour monter à bord.
A titre de rappel, le 5 mai dernier, le médecin personnel de Sambi avait été appelé en urgence à la résidence de l'ancien président, son patient ayant été victime d'une crise d'« asthénie généralisée » d'installation brutale, devenue chronique depuis lors. Le rapport médical initial, établi deux semaines plus tard, concluait déjà que son pronostic vital était « compromis » et qu'il nécessitait une évacuation à l'étranger.
Les vendredi 22 et samedi 23 mai derniers, à la suite des révélations de La Gazette des Comores, le ministre de la justice, le procureur général et une équipe de médecins mandatés par la justice se sont rendus sur place, à Voidjou, pour évaluer la situation. C’est dans ce cadre de contre-expertise que des examens biologiques et cardiologiques, des scanners cérébral et abdominal, et enfin l’angioscanner thoracique ont été prescrits par le collège de praticiens, en collaboration avec le médecin traitant de l’ex-président.
Ahmed Abdallah Sambi est en détention depuis mai 2018. Il a été condamné en novembre 2022 à la prison à perpétuité à l’issue d’un procès controversé. Poursuivi pour « détournement de deniers publics », il a finalement été jugé pour « haute trahison ». Un tour de passe-passe juridique dénoncé par ses avocats. Dès janvier 2020, un juge d'instruction avait pourtant signé une ordonnance autorisant l'évacuation sanitaire de l'ancien chef d'État aujourd’hui âgé de 68 ans. Une décision qui n'a jamais été exécutée, bloquée au sommet de l’État par des manœuvres politiques des proches d’Azali Assoumani.
Toufé Maecha
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