La santé de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et la question de son éventuelle évacuation sanitaire continue de défrayer la chronique et alimente le débat public entre acteurs politiques, sur fond d’appel à la réconciliation nationale. L’avocat Me Fahmi Saïd Ibrahim a plaidé pour une décision politique permettant son transfert à l’étranger, tandis que le conseiller spécial du Chef de l’Etat, Houmed Msaidie, lui oppose ce qu’il appelle un cadre légal strict entourant la prise en charge des détenus.
Dans un contexte politique toujours marqué par les divisions depuis la condamnation à perpétuité de l’ancien chef d’État, la question de sa santé revient avec insistance dans le débat public. Plusieurs voix estiment que son maintien en détention compromet sa santé et les perspectives de réconciliation nationale, tandis que le pouvoir insiste sur le respect des procédures judiciaires. Dans son intervention, Me Fahmi a exprimé son inquiétude face à l’état de santé de l’ancien président et a appelé à un geste fort des autorités. « Ce qui nous préoccupe aujourd’hui, c’est la santé de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Nous souhaitions contribuer à son évacuation pour qu’il puisse se soigner », a-t-il déclaré.
L’avocat et homme politique a également inscrit cette démarche dans une dynamique plus large de cohésion nationale. « Nous voulions faire la paix nationale et rapprocher nos îles. Il est essentiel que le président Azali Assoumani comprenne que les divisions actuelles ne sont pas bénéfiques pour notre pays. Quels que soient les différends passés, nous devons trouver une solution pour l’avenir des Comores. » Évoquant le mandat en cours du chef de l’État, il a poursuivi : « Il reste encore trois années au président pour agir. Ce temps devrait être mis à profit pour reconstruire l’unité nationale. C’est pourquoi nous plaidons pour que l’ancien président Sambi puisse être autorisé à voyager afin de se soigner. » Me Fahmi a par ailleurs insisté sur la dimension humaine du dossier. « Je suis convaincu que l’ancien président est capable de pardon. C’est un homme de foi et de patience. » Avant de lancer un appel direct au chef de l’État : « Monsieur le président, utilisez le pouvoir que vous confère la Constitution. Une réconciliation véritable paraît difficile tant que certaines figures politiques restent en détention. »
En réponse, le conseiller spécial du président, Houmed Msaidie, a tenu à rappeler les principes juridiques en vigueur. « Il n’y a pas de traitement d’exception, un détenu reste un détenu aux yeux de la loi. Lorsqu’il est malade, il bénéficie d’une prise en charge médicale appropriée », a-t-il affirmé. Il a toutefois précisé les limites de cette prise en charge. « Les personnes incarcérées sont soignées dans les structures médicales nationales. Elles ne peuvent être transférées à l’étranger que si les médecins constatent une impossibilité de traitement sur place et que la justice en décide ainsi. » Le conseiller a également insisté sur la nécessité d’une expertise médicale collégiale. « Une décision d’évacuation ne peut reposer sur un seul avis médical. Plusieurs spécialistes doivent établir que les soins ne peuvent être assurés dans le pays. À ce stade, cette situation ne semble pas avérée. »
Houmed Msaidie a souligné que le dossier de l’ancien président relevait exclusivement de la justice. « L’ancien président Sambi est détenu à la suite d’une décision judiciaire. La même justice qui a fonctionné sous différents régimes a statué sur son cas. Toute évolution doit donc s’inscrire dans ce cadre. » Ces prises de position illustrent les tensions persistantes entre impératifs humanitaires, exigences judiciaires et enjeux politiques, dans un pays où la question de la réconciliation nationale reste plus que jamais d’actualité.
Mohamed Ali Nasra
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