À Mohéli, le projet d’Appui à la Modernisation de l’État civil aux Comores (AMECC) multiplie les rencontres avec les acteurs de terrain pour préparer la transition vers un état civil plus moderne et fiable. À Fomboni, sage-femmes, chefs de village, cadis et maires ont été invités à partager leurs difficultés et leurs propositions.
Le projet d’Appui à la Modernisation de l’État civil aux Comores (AMECC) poursuit sa campagne de sensibilisation à Mohéli. Vendredi 28 août 2026, une rencontre d’échanges s’est tenue à la mairie de Fomboni, réunissant plusieurs acteurs impliqués dans l’enregistrement des faits d’état civil. Sage-femmes du CHRI de Fomboni, chefs de village, cadis, maires et autres intervenants ont ainsi été invités à faire remonter les difficultés rencontrées au quotidien. L’objectif est de mieux comprendre les réalités du terrain et d’identifier les obstacles qui empêchent encore de nombreux citoyens d’accéder facilement aux documents d’état civil. Porté par le ministère de l’Intérieur, avec l’appui de partenaires internationaux, notamment l’ambassade de France et l’UNICEF, l’AMECC ambitionne de moderniser progressivement un système encore largement dépendant des anciens registres papier.
Selon Fahardine Soilihi Mohamed, responsable administratif et financier du projet, cette modernisation doit notamment permettre de réduire les erreurs, les omissions et les difficultés administratives liées à la conservation et à la consultation des anciens registres. « Il ne s’agit pas d’une formation ni d’un atelier, mais plutôt d’un échange », a-t-il précisé. Les équipes de l’AMECC souhaitent en effet recueillir les expériences et les propositions des personnes qui interviennent directement dans les procédures d’état civil. Les discussions ont principalement porté sur trois domaines : les naissances, les décès et la vie conjugale, notamment les mariages et les divorces. L’un des défis reste particulièrement préoccupant : l’existence, en 2026, de personnes ne disposant toujours pas d’extrait de naissance, y compris des enfants et des personnes âgées, notamment dans certaines zones rurales.
L’AMECC entend également faire connaître les dispositions de la nouvelle loi sur l’état civil adoptée en 2023, qui a remplacé celle de 1984. Parmi les changements importants figure la gratuité du premier acte de naissance, de mariage, de divorce ou de décès. Le délai d’enregistrement des naissances a également été porté de 15 à 30 jours. Après Fomboni, la mission doit se poursuivre dans le district de Djando, puis à Nioumachoi. Cette première étape permettra de dresser un état des lieux avant la mise en œuvre d’autres actions, notamment des caravanes de sensibilisation. À terme, l’ambition est claire : tourner progressivement la page des registres papier pour construire un état civil comorien plus fiable, moderne et accessible à tous.
Riwad
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