Le choix énergétique des Comores est-il en train de changer d’ère ? L’inauguration officielle, ce samedi 5 septembre 2026 à Wani, de la nouvelle centrale solaire réalisée dans le cadre du projet piloté par GSU donne une réponse concrète. En présence du président Azali Assoumani, ainsi que des partenaires au développement, cette infrastructure apparaît comme une nouvelle illustration de la volonté des pouvoirs publics de faire de l’énergie verte un levier majeur du développement national.
La cérémonie de Wani ne constitue pas seulement l’inauguration d’un équipement supplémentaire. Elle s’inscrit dans une orientation stratégique ; celle de renforcer la production électrique tout en diversifiant progressivement les sources d’énergie du pays. Le communiqué de presse consacré à l’événement indique que cette réalisation constitue « une étape importante dans le renforcement des capacités de production électrique aux Comores et dans la diversification progressive du mix énergétique national ». Et de préciser que le projet traduit : « la volonté des autorités comoriennes et de leurs partenaires de renforcer la sécurité énergétique du pays et d’améliorer durablement la qualité du service fourni aux usagers ». Cette ambition se mesure à la portée politique du choix du solaire. Pour un archipel insulaire dont la production électrique reste fortement liée aux sources thermiques, exploiter davantage une ressource naturelle disponible comme le soleil revient à rechercher une plus grande autonomie énergétique. Le solaire devient non seulement une réponse aux besoins d’électricité, mais également un instrument de réduction de la dépendance au carburant.
« Les trois centrales implantées à Anjouan, Mohéli et Ngazidja représentent une capacité installée totale de 20 MW », avec environ 10 MW injectés dans les réseaux et « une capacité de stockage de 18,42 MWh ». Ces chiffres extraits du communiqué, traduisent un tournant significatif, dans l’amélioration de la production et de la fourniture d’électricité à moyen et long terme. À Anjouan, la centrale inaugurée à Wani dispose, toujours selon le communiqué, de « 4,05 MW » de capacité installée, avec environ « 2 MW injectés dans le réseau » et « 4,1 MWh de stockage ». À Ngazidja, la capacité installée atteint 12,86 MW, tandis que Mohéli dispose de 3,10 MW. L’autre dimension décisive est économique, puisque les nouvelles installations pourraient permettre d’économiser « près de 401 000 litres de carburant chaque mois ». Une telle économie potentielle représente un enjeu majeur pour un pays où les dépenses liées aux hydrocarbures pèsent sur le fonctionnement du système électrique.
La production attendue est également considérable. Le communiqué annonce « environ 1 422 MWh d’électricité par mois à l’échelle national », selon le communiqué. Cette nouvelle capacité doit permettre à la SONELEC de disposer de davantage de marge pour répondre à la demande et renforcer progressivement la stabilité des réseaux. Derrière cette politique énergétique se trouve une ambition de développement, affichée par les autorités pour qui ces investissements s’inscrivent dans la dynamique du Plan Comores Émergent à l’horizon 2030. Pour Azali Assoumani, le solaire devient un investissement dans l’avenir : une énergie produite localement pour soutenir les entreprises, les services publics, l’agriculture, l’industrie, le numérique et l’investissement. Une électricité plus disponible constitue en effet l’un des fondements indispensables d’une économie moderne. L’inauguration de Wani prend une dimension nationale. Après Anjouan, les cérémonies se sont poursuivies à Mohéli puis à Ngazidja, confirmant la volonté d’étendre cette nouvelle architecture énergétique à l’ensemble du territoire.
Younes
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