La Gazette

des Comores

Élevage : Vers l’éradication de la Peste des petits ruminants (PPR)

Élevage : Vers l’éradication de la Peste des petits ruminants (PPR) © : HZK-LGDC

La peste des petits ruminants est une maladie virale qui touche particulièrement les animaux domestiques dont principalement les montons et les chèvres. Détectée à Moroni depuis 2012, une campagne de vaccination a été organisée en 2014 mais depuis, la maladie a pris une ampleur inimaginable jusqu’à nos jours. C’est dans ce contexte qu’un atelier national de validation du Plan stratégique national de contrôle et d’éradication de la Peste des Petits Ruminants (PPR) a été organisé la semaine dernière pour valider un plan de riposte vers 2030.


C’est un combat de longue haleine qui consiste à aller vers un processus de planification stratégique pour aboutir à l’adhésion et à l’appropriation de toutes les parties prenantes nationales. Car l’élevage participe au développement économique. Ainsi la contamination des bêtes domestiques ne cause non seulement des dommages au niveau des familles mais aussi à l’économie. Le gouvernement à travers la direction générale de l’environnement, a tenu un atelier national de validation du plan stratégique de contrôle de l’éradication de la peste des petits ruminants (PPR). Lors de cet atelier, le représentant du ministère de l’agriculture a rappelé les objectifs.

« La peste des petits ruminants est installée en Union des Comores depuis novembre 2012. Elle a été introduite à Ngazidja par des importations de caprins. Une seule campagne de vaccination a été conduite, en 2014. Douze ans plus tard, l’essentiel du cheptel n’a jamais rencontré le vaccin. Les conséquences sont documentées et récentes. À Koua, en octobre et novembre 2025, 102 animaux sont morts, 67 éleveurs ont été impactés. La létalité a atteint 22,6 %. À Ntsaoueni, en janvier 2026, 12 élevages sur 16 ont été atteints. La source est identifiée. Les relevés au port de Moroni établissent une séroprévalence de 57% chez les animaux importés, contre 1,4 % dans la population résidente ».

Et de préciser : « Le document est aujourd’hui techniquement abouti. Il lui manque l’appropriation nationale que seule une validation par l’ensemble des parties prenantes peut lui conférer. Sans cette validation, il ne peut être ni endossé par le Gouvernement ni présenté aux partenaires au titre de la deuxième phase de l’appui de l’Union européenne à l’éradication de la PPR en Afrique ». La lutte contre la PPR est devenue une priorité nationale afin de permettre aux ceux qui s’occupent des animaux de mieux s’épanouir. « La maladie ne touche pas uniquement l’élevage, elle provoque une perte sanitaire, elle entraîne une décapitalisation, une augmentation de la vulnérabilité des ménages et une fragilisation des moyens de subsistance. Il ne s’agit donc pas uniquement d’un enjeu vétérinaire, c’est un enjeu de développement, de stabilité et de dignité des éleveurs. Donc cette validation doit permettre de vérifier que le Plan stratégique consolidé reflète fidèlement la réalité épidémiologique, propose des priorités cohérentes avec les zones à risque, et prévoit des réponses suffisamment adaptées pour prévenir, détecter et riposter ».

Il a été retenu au cours de la réflexion de procéder à la vaccination, la surveillance, la gestion des points d’entrée, et les capacités de laboratoire et de diagnostic, avec les éléments que les données témoignent. Il a été également révélé l’adoption du code de l’Élevage (Loi n°25-022/AU) qui constitue une base juridique renforcée pour l’action publique. Le récent atelier contre la PPR a réuni dix experts nationaux et traité l’essentiel de ces observations. Il a produit une version consolidée dont le budget a été recalculé et porté à 1 948 millions de francs comoriens sur cinq ans, soit environ 5,13 millions de dollars US.

Kamal Gamal

 

 


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