Organisée les 7 et 8 septembre à Fomboni, la Foire de l’économie bleue entend faire des ressources marines et côtières un véritable levier d’emploi et de revenus pour la jeunesse mohélienne. Coopératives, entrepreneurs, associations, institutions publiques, banques et partenaires financiers ont été réunis autour d’un même objectif : transformer le potentiel de l’île en activités économiques durables.
À Mohéli, l’économie bleue ne veut plus rester au stade du potentiel. La foire organisée à Fomboni entend rapprocher les porteurs de projets des structures capables de leur apporter financement, formation, accompagnement technique et accès aux marchés. Pour Mohamed Housseini Madi, Directeur général adjoint de l’ANPI, l’enjeu est notamment de donner aux jeunes les moyens de concrétiser leurs initiatives. « Nous voulons montrer les possibilités qu’ils peuvent avoir pour obtenir un financement et bénéficier des accompagnements nécessaires », explique-t-il. Mais le développement économique doit aller de pair avec la préservation des ressources. « Nous ne pouvons pas nous mentir en pensant que nous pouvons faire évoluer nos ressources sans préserver ce que nous avons comme source de revenus », insiste le responsable, rappelant que les ressources naturelles constituent « notre plus grande richesse locale ».
Récifs coralliens, mangroves, herbiers marins, plages et îlots offrent pourtant à l’île d’importantes possibilités dans la pêche, l’aquaculture, le tourisme et l’écotourisme. Tortues marines, baleines, dugongs et dauphins témoignent également de cette richesse écologique. Pour Saïd Ahamada, responsable de l’UICN, cette biodiversité doit davantage bénéficier aux populations locales, tout en restant protégée. Le projet ReSea a notamment renforcé les capacités des communautés à travers la formation, la cogestion, le leadership communautaire et les solutions fondées sur la nature. « Il faut désormais aller plus loin », estime-t-il.
Dans la pêche, le potentiel se trouve également après la capture. Transformation, conservation, conditionnement et transport peuvent permettre d’augmenter la valeur des produits et de créer de nouveaux emplois. Encore faut-il disposer de financements et de débouchés commerciaux. Le tourisme constitue justement une piste importante. Les coopératives et producteurs locaux pourraient approvisionner hôtels et restaurants, tandis que les sites naturels valorisés par les communautés pourraient renforcer l’offre écotouristique. « Le tourisme peut devenir bien plus qu’un secteur de consommation : il peut devenir un débouché pour la production locale et un moteur de conservation de la nature », souligne Saïd Ahamada.
À l’ouverture, Abdourahamani Ali Mdroivili, Secrétaire général du ministère de l’Environnement chargé du Tourisme, a rappelé le caractère particulier de Mohéli : « Mwali est une île à part ». Pour les participants, le défi est désormais de transformer les engagements en réalisations concrètes : financer les jeunes, renforcer leurs compétences, ouvrir des marchés et construire des partenariats durables. À cette condition, l’économie bleue pourrait devenir à Mohéli un véritable moteur d’emplois, de revenus et de développement local, sans sacrifier le patrimoine naturel de l’île.
Riwad
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