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des Comores

Écologie : 2025, une année riche pour Dahari

Écologie :  2025, une année riche pour Dahari © : HZK-LGDC

Grâce à des années de suivi rigoureux et à des programmes communautaires innovants, l’ONG Dahari signe une année 2025 riche en rebondissements positifs. Une espèce emblématique est reclassée, des réserves marines s’étendent, et les agriculteurs plantent massivement des arbres.


C’est une nouvelle qui aurait presque pu passer inaperçue, mais qui vaut de l’or aux yeux des défenseurs de la nature. La roussette de Livingstone (Pteropus livingstonii), cette imposante chauve-souris endémique des Comores, n’est plus officiellement « en danger critique d’extinction ». En mai de cette année, il a été officiellement déclassé de la catégorie « En danger critique d’extinction » à la catégorie « En danger » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Cette réévaluation repose sur des données de population collectées par Dahari depuis 2013, en collaboration avec l’Université des Comores et les Parcs Nationaux, et le soutien de Bat Conservation International.

Le passage de "en danger critique" à "en danger" est le signe que les efforts de conservation portent leurs fruits. « La roussette de Livingstone est une espèce emblématique des Comores et un axe prioritaire des efforts de conservation de Dahari. Il faut préciser que ce changement de statut ne découle pas directement de nos actions de conservation, bien que celles-ci restent essentielles pour éviter un déclin de la population. C’est plutôt la découverte de nouveaux dortoirs combinée à un suivi biannuel régulier qui a permis une meilleure compréhension de la taille et de la stabilité de la population », explique Misbahou Mohamed, Co-Directeur de Dahari.

Aujourd’hui, 7 des 26 dortoirs connus de la roussette sont protégés grâce à des accords de conservation signés avec les agriculteurs locaux. Le principe est simple : en échange d’un soutien technique et financier, les paysans s’engagent à ne pas couper les arbres sur leurs parcelles. « Mon activité ne dérange pas les roussettes, et la cohabitation apporte aussi des avantages : des arbres poussent naturellement sans que je les plante », témoigne Batoidine Ousseni, qui possède un dortoir près du village d’Adda. Un cercle vertueux où la roussette, en disséminant les graines, devient elle-même restauratrice de forêt.

Côté forêt, le programme phare de reboisement, lancé en 2017, poursuit son envol. À fin 2025, 340 000 arbres ont été plantés par 5 000 agriculteurs, dont 51 000 rien que sur l’année. Mais la vraie nouveauté se situe au nord de la Grande Comore. Pour la première fois, le dispositif a été déployé sur le massif de La Grille, suscitant une forte demande locale. Une pépinière a vu le jour à Ivembeni, avec la coopérative Mafagna Hazi, et 2 365 arbres y ont déjà été mis en terre. « Au moment de la distribution, les gens sont venus nombreux, très motivés, dès le matin », se réjouit Machouhouli Saïd, président de la coopérative. L’objectif pour 2026 est d’étendre l’initiative aux villages voisins de Helendjé, Batou et Dimadjou.

Le lancement de la campagne a été marqué par une cérémonie avec les autorités régionales en décembre, illustrant une dynamique prometteuse et des perspectives d’extension pour les années à venir. Le défi majeur pour 2026 sera d’élargir les actions aux villages de Helendjé, Batou et Dimadjou, afin de couvrir l’ensemble des zones de la forêt de La Grille. En appui à cette expansion, une cartographie forestière et une étude hydrologique seront finalisées, menées par des experts.

 

Sur le volet marin, Dahari a également frappé fort. Trois nouvelles réserves permanentes ont été validées à Kowe, Maweni et Moya, portant la surface totale protégée à 105 hectares. Celle de Vassy, créée en 2021, a été étendue de 8 à 20 hectares. Dans cette optique, les pêcheurs et pêcheuses sont aux manettes. Formés au leadership, à la collecte de données ou encore à l’analyse des prises, ils gèrent directement les réserves. À Maweni, un congélateur solaire a été installé, bénéfique à toute la communauté. Chaambati Ousseni, présidente de l’association locale, résume : « Si nous ne prenons pas soin de nos ressources, nous n’aurons plus rien à conserver. »

NAY

 

 


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