La Gazette

des Comores

Zoom sur l’association Jeunes du Patrimoine des Comores /Les « anges gardiens » du patrimoine comorien

  •  
  •   admin
Zoom sur l’association Jeunes du Patrimoine des Comores  /Les « anges gardiens » du patrimoine comorien © : HZK-LGDC

Protéger le patrimoine des Comores, c’est la mission que s’est donnée l’association Jeunes du Patrimoine des Comores. Créé en 2012, JPC contribue à son échelle au rayonnement de la culture comorienne et surtout à sa préservation. Lumière sur ces « anges gardiens » du patrimoine comorien.


Une bande de jeunes, tous soucieux de préserver et valoriser le sites historiques du pays, décide en 2012 de créer l’association Jeunes du Patrimoine des Comores. Un projet qui a vu le jour après une rencontre de concertation à Mutsamudu entre des étudiants de l’école d’architecture de Lille, des enseignants, des membres du Collectif du Patrimoine des Comores-crée en 2006 et dont le siège se trouve à Paris- et des habitants de la capitale anjouanaise. « Au départ, nous étions une antenne du Collectif du Patrimoine des Comores (CPC). Finalement, on a constitué une association mais nous travaillons toujours en étroite collaboration avec le CPC qui reste l’association mère», précise Inrfane Ahmed Assane, président de Jeunes du Patrimoine des Comores.

Leur but est la « valorisation, la préservation et la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel des Comores ». Très vite, l’association gagne du terrain et noue des partenariats. Parmi ceux-là, le Mouvement de la jeunesse Consciente des Comores NGO’SHAWO, le projet MBENINGOMA dont l’objectif est la valorisation des richesses culturelles et artistiques du pays ou encore l’ONG Dahari, qui a pour mission d'accompagner les communautés locales dans le développement agricole et la gestion durable des ressources naturelles.

 

Préserver le patrimoine : une nécessité

 

Le 27 septembre 2000, les Comores ratifient la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. 18 ans plus tard, les Comores ne comptent toujours aucun site inscrit au patrimoine mondial. La faute au gouvernement selon le président de JPC qui regrette le silence des autorités. La Convention, adoptée en 1972 par l'Unesco, engage les États signataires à protéger les sites et les monuments dont la sauvegarde concerne l'humanité.

« Inscrire les sites historiques des Comores au patrimoine mondial est notre priorité absolue ! Malheureusement, le JPC n’a pas les compétences pour faire passer cette loi mais nous oeuvrons pour que cela se fasse. De notre côté, on valorise notre patrimoine pour que tout le monde prenne conscience de la beauté et la valeur de nos biens. Nous préservons les sites, les nettoyons, les restaurons. Et nous ne manquons aucune occasion de rappeler aux autorités la nécessité d’aller dans ce sens », confie le trentenaire qui milite depuis 2007 pour son pays.

Les Comores ont cependant soumis 4 sites à la liste indicative, 2 culturels, 1 naturel et 1 mixte. Un travail a également été engagé sur les sultanats historiques. Conserver l’héritage culturel résonne ici comme une nécessité et l’initiative du JPC s’inscrit dans cette démarche, à défaut d’une implication plus soutenue des autorités. Sur son site, le JPC vante la richesse du patrimoine comorien, assurant que l’archipel a  accueilli sur ses terres, au fil du temps, « les marins portugais, les explorateurs du golf persique, les yéménites ainsi que les voisins de l’Asie et de Madagascar ».  Un brassage qui laisse un héritage culturel riche et varié qu’entend préserver le JPC. Les îles de la lune, de par leur position géographique, abrite également des sites naturels attractifs.

 

Projet Education Patrimoine

 

Dans sa mission de valorisation, sauvegarde et préservation du patrimoine, Jeunes du Patrimoine des Comores entreprend plusieurs activités, essentiellement à Anjouan où se trouve son siège. En 2017, un projet a occupé l’équipe l’année durant tant il était vaste et valorisant.

« Le projet Education Patrimoine a pour but de sensibiliser les jeunes et les rapprocher de la culture qui est la nôtre. Par exemple, pour valoriser nos plantes et redonner une image à l’espace qui était négligé, nous avons décidé de créer un jardin botanique dans la citadelle de Mutsamudu. 11 élèves canadiens, accompagnés de leur enseignant, ont pris part au projet », se réjouit le président, Inrfane Ahmed Assane.

Pour ce comédien et metteur en scène, il était urgent de valoriser également le patrimoine immatériel du pays. Des formations sur la musique, la danse et les chants traditionnels ou encore sur le métier de guide ont été dispensés. Le projet Education au Patrimoine a été financé par l’ambassade de France aux Comores et les associations féminines d’Anjouan. A la fin de l’année, du 10 au 12 décembre 2017 précisément, le JPC a participé à un séminaire au Koweit, reconnu capitale de la jeunesse arabe, portant sur l'encouragement et l'auto-motivation des jeunes.

 

Animation des sites historiques

 

De manière générale, le JPC assure l’animation des sites qui consiste en des soirées culturelles sur des sites historiques, des visites sur lesdits sites ou encore des randonnées de découvertes. Dans la mission qu’elle s’est fixée, l’association est à l’origine de nombreuses initiatives pour la sauvegarde du patrimoine. Citons l’élaboration du projet de réhabilitation du palais DARINI connu sous le nom « palais MAWANA » à Bambao, où un consultant de la chambre de commerce s’est proposé d’accompagner les jeunes.

L’association assure également l’entretien de sites dits historiques et n’hésite pas à faire participer la population. Une fois par an au moins, l’association nettoie un site historique. 

Parce que la faune et la flore font partie intégrante du patrimoine, le JPC a aussi pris part à l’atelier initié par la direction de l’environnement d’Anjouan, avec la participation du Ministre de l’environnement, sur l’importance de la sauvegarde de l’environnement et la lutte contre la déforestation. Soucieuse de fournir un travail de qualité, l’association forme ses bénévoles afin de leur doter des meilleurs outils pour mener à bien leurs missions.

Entre juin et juillet 2015, grâce au financement de l’UNESCO et de l’Ambassade de France aux Comores, Nadhufa Mohamed, membre de l’association JPC a bénéficié d’une formation intensive et internationale sur la Gestion du Patrimoine, au Centre archéologique de Bibracte en Bourgogne. Supervisée par l’Office Anjouanais du Tourisme, une autre formation a été dispensée aux membres du JPC ainsi que les membres des partenaires de l’association.

 

Les projets du JPC

 

En 5 ans d’existence, l’association a su s’imposer par ses opérations de sensibilisation et de restauration. Parmi les partenaires du JPC, l’Alliance française de Mutsamudu ou encore l’association BENI-SUIHI dont le but est de contribuer au développement socioculturel des Comores et de la diaspora comorienne. L’association compte des membres issus de Ngazidja et Mohéli. « Nous aimerions, plus tard, ouvrir des antennes sur les iles sœurs. Mais cela ne sera possible que lorsque nous aurons réussi à bien nous implanter ici, à Anjouan », espère Inrfane.  En 2016, l'association Jeunes du Patrimoine des Comores a été classée parmi les 10 Personnalités de l'année aux Comores selon le journal Al Watwan. Depuis

Décembre 2017, un nouveau bureau a été fraîchement élu. Le président Inrfane Ahmed Assane, entend avant tout respecter le planning de l’association qui essentiellement sur l’entretien des sites.

Enfin, le JPC espère finir les chantiers entamés comme la réfection de l’escalier principal de la citadelle de Mutsamudu, devenu un vrai dépotoir ou encore la restauration de toits de chambres de la Médina.

 

Sanaa Chouzour 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.