La Gazette

des Comores

Zakat al-Fitr aux Comores : Le montant est fixé entre 1000 et 1500 Kmf par tête

Zakat al-Fitr aux Comores :  Le montant est fixé entre 1000 et 1500 Kmf par tête © : HZK-LGDC

À l’approche de la fête de l’Aïd el-Fitr, les musulmans se mobilisent autour d’un acte de foi essentiel : la zakat al-fitr. Bien plus qu’une simple aumône, elle incarne un devoir religieux et une solidarité envers les plus démunis. Chaque année, les autorités religieuses précisent ses modalités afin d’assurer son accomplissement conforme à la tradition islamique. Ainsi il est fixé entre 1000 et 1500 francs comoriens par tête avant le coucher du soleil, la veille de l'Eid.


Le mois de Ramadan touche à sa fin. Chacun doit accomplir un devoir, avant même la prière de l’Aïd el-Fitr. Il s’agit de la zakat al-fitr, une obligation pour tout musulman, quel que soit son âge ou sa condition sociale, dès lors qu’il en a les moyens. Ce geste, profondément ancré dans la pratique religieuse aux Comores, vise à purifier le jeûne du croyant et à permettre aux plus démunis de célébrer dignement la fête. Comme chaque année, le Muftorat a publié un communiqué fixant la valeur pécuniaire de cette aumône. Celle-ci est généralement estimée entre 2 et 3 kilos de denrées alimentaires, ce qui correspond à une somme comprise entre 1000 et 1500 francs comoriens. Cette estimation n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un travail rigoureux mené par des oulémas du pays.

 

Dr Abdoulhakim Mohamed Chakir, vice-président du Dar Iftaa, précise que cette décision intervient après plusieurs rencontres réunissant des érudits comoriens. « Toutes les versions des grands savants ont été consultées par la commission », explique-t-il, soulignant que l’objectif est d’adapter cette prescription religieuse aux réalités locales. Selon une enquête menée dans les différentes îles de l’archipel, la majorité de la population consomme du riz ordinaire, notamment celui distribué par Onicor. Ainsi, c’est ce riz qui sert de référence pour fixer la valeur officielle de la zakat al-fitr. Toutefois, Dr Abdoulhakim indique que ceux qui souhaitent donner davantage, par exemple en se basant sur le prix du riz de qualité supérieure comme le basmati, sont libres de le faire. « Dieu multipliera leurs bienfaits », rappelle-t-il, tout en précisant que la référence officielle reste celle du riz ordinaire.

 

Un autre point essentiel concerne le moment idéal. Le vice-président du Dar Iftaa insiste sur le fait que cette aumône doit impérativement être donnée avant la prière de l’Aïd. Tout retard pourrait en altérer la portée spirituelle. La zakat al-fitr concerne également les enfants. Il revient aux parents ou tuteurs de s’en acquitter en leur nom, confirmant ainsi son caractère universel au sein de la communauté musulmane. Cependant, certaines pratiques observées suscitent des inquiétudes. Il arrive que des fonds collectés au titre de la zakat soient utilisés pour financer des projets communautaires, tels que la construction de mosquées ou de routes. Une pratique que le Dr Abdoulhakim désapprouve : « Cela sort de l’objectif fixé par le Prophète », rappelle-t-il, insistant sur le fait qu’il s’agit avant tout d’un repas destiné à satisfaire les nécessiteux. Enfin, il met en garde contre les discours de certains pseudo-oulémas qui diffusent des interprétations non conformes à la charia. Il appelle à la vigilance et à la responsabilité de chacun, rappelant que « nous serons tous jugés et appelés à rendre compte ». À travers la zakat al-fitr, les Comoriens perpétuent une tradition religieuse, mêlant foi, partage et respect des enseignements islamiques.

 

Ibnou M. Abdou

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.