La Gazette

des Comores

Vœux du chef de l’Etat à la presse / Azali promet une presse libre mais…

Vœux du chef de l’Etat à  la presse / Azali promet une presse libre mais… © : HZK-LGDC

Lors de la présentation hier à Beit salam, des vœux du chef de l’Etat à la presse, Azali a annoncé aux journalistes de la place qu’il va s'engager à faire, de la presse comorienne, une presse libre et indépendante. Mais en retour, le chef de l’Etat leur demande de dire aux comoriens qui peut être journaliste et qui ne peut pas l’être.


Comme à l’accoutumée, c’est la presse qui a clos le calendrier de présentations des vœux auprès du chef de l’Etat. Ce 08 janvier, après les notables, les partis politiques, ce fut le tour de la presse nationale d’être reçue par le chef de l’Etat. Cette année, l’honneur revenait à Masiwa, le dernier journal de la presse comorienne qui est un quotidien national généraliste et indépendant du pays, de lire le traditionnel discours, au nom des autres médias de la place.

En présence du conseil national de l’audiovisuel et de la presse (CNPA), Idjabou Bacar, directeur de publication de Masiwa a débuté son allocution par un regret par rapport au classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières, qui vient rappeler, selon lui, la fragilité et l’atmosphère pesant qui prévalent en Union des Comores pour les journalistes. De 2016, à 2018, les Comores sont passées de la 50ème place, à la 49ème place, après une embellie en 2017, traduite par la 44ème place occupée.

Pour Idjabou, les faits en matière de liberté de la presse révèlent de nombreuses entorses, qui confèrent un caractère autoritaire aux décisions subies par les médias. Et de citer, tout d’abord, la fermeture injustifiée de la Baraka Fm et la confiscation de son matériel, malgré une décision de justice ordonnant sa restitution. Ensuite, plus récemment, la condamnation au silence radio pour les stations de Radio Kaz et de Radio Ngazidja « qui défie la raison ». D’ailleurs, « nous sommes toujours en attente d’explications plausibles », a-t-il dénoncé avant d’en venir « à l’acharnement gouvernemental contre une consœur, Faïza Soulé Youssouf, pour ne pas la nommer dont ont connait la suite », a-t-il expliqué. La consoeur en question fut licenciée du journal d’Etat en août dernier.

En présence du Ministre chargé de l’information, Mohamed Daoudou le directeur de publication  du dernier né de la presse écrite a cité, « les gifles gratuites, dont ont été victimes Abdérémane Ahmed et Oubeidillah Mchangama, qui se perdent, sont légion ». Il est par la suite revenu sur « l’expulsion d’une autre consœur, Abouhariat Said Abdallah à une réunion de notables témoigne, pour lui, d’un certain état d’esprit dans la société ». « Plus insidieux encore, énonce-t-il, « en présence du directeur général du journal Al-watwan, « l’épée de Damoclès qui pend sur la tête de 8 journalistes à Al-Watwan, qui risqueraient de perdre leur travail, pour avoir osé sortir un communiqué dénonçant la manière dont le choix de la rédaction relatif à la désignation des dix personnalités de l’année n’a pas été entièrement respectée.

Toutefois, Idjabou salue les bonnes initiatives prises par l’ancien commandant de la Gendarmerie, le colonel Abdallah Rafick, qui, illustre-t-il, « au fort des manifestations des vendredis avait mis en place un service de protection des journalistes, entre autres. « Son successeur, le commandant Ramadan Mdahoma a promis de continuer la collaboration et d’aller un peu plus dans le travail en harmonie entre les deux entités dans le respect mutuel ».

Idjabou Bakari a terminé son discours sur les échéances électorales à venir. Dans quelques semaines, commence une période charnière, celle des élections anticipées, « les médias comoriens ont besoin essentiellement de trois aspects : la dissipation de ce sentiment d’insécurité permanente, un soutien financier à tous les médias, garantissant le pluralisme et l’indépendance et l’adoption du cadre normatif. 

A son tour, le chef de l’Etat,  a annoncé, qu’il allait « aider les journalistes à disposer d’une presse libre et indépendante et, en retour je vous demande de dire aux comoriens qui peut être journaliste et qui ne peut pas l’être pas ». Selon lui, c’est à partir de là que « nous pourrons construire ensemble, la presse qui convient à une démocratie, dynamique, constructive et à la hauteur de nos ambitions, de faire de l’Union des Comores, un pays émergent et prospère »,  a conclu le chef de l’Etat.

Ibnou M. Abdou

 


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