La Gazette

des Comores

Visite officielle de Azali Assoumani en France / La diaspora poursuit la contestation

Visite officielle de Azali Assoumani en France /  La diaspora poursuit la contestation © : HZK-LGDC

Ce 19 juillet, une marche de contestation contre la visite officielle de Azali Assoumani en France a eu lieu à Paris. Celui-ci sera normalement reçu ce 22 juillet par son homologue français Emmanuel Macron. Plusieurs associations de la société civile telles que Mabedja, Ufahari y ont pris part ainsi que le Conseil National de Transition et le Conseil des Comoriens de l’Extérieur pour la Démocratie. Le mot d’ordre était le même : « qu’Emmanuel Macron ne reçoive pas Azali Assoumani ».


Vendredi dernier, une partie de la diaspora comorienne a manifesté à Paris. Plusieurs centaines de comoriens et de franco-comoriens ont marché du métro Duroc jusqu’aux Invalides dans la capitale française entre 15h00 et 17h00. Scandant des slogans hostiles au président Azali dont ils contestent la réélection le 24 mars dernier, les comoriens de France ne désarment pas.

 

Le voyage officiel de Azali Assoumani en France, qui devrait être reçu par son homologue français ce 22 juillet, ne les enchante guère, bien au contraire. Il aura peut-être même permis de donner un coup de fouet, à un mouvement, qui menaçait de s’essouffler. En effet, cela fait 17 semaines que la diaspora manifeste tous les dimanches dans les plus grandes villes de France. Mais cette fois, plus qu’à Azali, le message était adressé à Emmanuel Macron, «  président de la Patrie des Droits de l’Homme ». Etaient présents lors de cette marche de contestation, le Dr Achmet Said Mohamed du Mouvement Hury, l’ancien gouverneur Hassani Hamadi, le député Tocha Djohar, le leader du Rifaid, Wadaane Mahamoud, l’ancien ambassadeur des Comores à New-York, Soilih Mohamed Soilih, l’ancien ministre Abdou Soimadou ou encore le Coordinateur National du Conseil des Comoriens de l’Etranger, le  Dr Zile.

 

Ainsi au terme de la marche pacifique et après l’hymne national, armées de pancartes toutes plus hostiles « au gouvernement illégitime » les unes plus que les autres, munies de photos «  des prisonniers politiques » plusieurs personnes se sont succédées à la tribune pour faire entendre «  leur voix et celles des comoriens réduits au silence ».

 

Lors du discours officiel, Nourdine Mbae, activiste connu sur les réseaux sociaux et militant de la première heure contre le régime en place a fait savoir que l’allocution était intitulée «  non à la venue du putschiste Azali Assoumani ». Son principal message était de « demander solennellement à la France et à son président de ne pas recevoir le putschiste Azali Assoumani, auteur d’un vol électoral le 24 mars dernier au vu et au su de tous les observateurs internationaux, notamment ceux de l’Union européenne ». Il a par ailleurs ajouté, s’adressant à Emmanuel Macron « qu’ils attendaient de lui qu’il annule l’accueil de Azali Assoumani, qui n’a pas la légitimité des urnes ». Le discours a été décliné en langue arabe et anglaise.

 

L’ancien candidat à la dernière présidentielle, Achmet Said Mohamed (dont l’épouse est en résidence surveillée), lequel a fui les Comores en avril dernier, a lui aussi remis en cause la légitimité d’Azali Assoumani. Au président français, il a dit ceci : « M. Macron, Azali est ce qu’on appelle ‘ce sang impur », tiré de la Marseillaise, hymne national français. Le Mouvement Hury a plusieurs membres en prison, l’orateur a eu une pensée pour « Saleh Assoumani, Chamsoudine Soudjay et Ahmed Msahazi, et tous ceux qui croupissent en prison, qui sont des patriotes et non des terroristes ».

 

Tous ceux qui se sont succédé à la tribune ont eu à cœur de dénoncer « une dictature que l’on espérait ne plus voir après les années noires des mercenaires dans les années 1980 », à l’instar de l’ancien ministre Abdou Soimadou. D’autres comme le Dr Zile Soilihi a mis en garde  Emmanuel Macron en agitant comme principale menace l’énorme vivier de voix de la diaspora comorienne « alors que les élections municipales françaises auront lieu l’année prochaine ».

 

Tous ont promis « de faire en sorte que le séjour parisien du président comorien ne soit pas une sinécure ». Et se sont enorgueillis « que Azali Assoumani ne fasse pas le déplacement prévu à Marseille grâce à eux ».

 

Toujours est-il que la visite officielle du chef d’Etat comorien devrait débuter le 21 juillet pour prendre fin le 25. Selon certaines indiscrétions, il devrait quitter le pays le 02 août prochain.

 

Fsy

 


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