Les étudiants demandeurs de visas pour le Maroc ont manifesté hier devant les bureaux du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale (MAECIF). Sur les 200 demandes effectuées, aucune n'aurait reçu de réponses favorables.
La tension était à son comble hier devant le siège du Ministère des affaires étrangères. Plus de 200 étudiants demandeurs de visas pour le Maroc ont manifesté leur colère devant les rejets dont ils ont tous fait l'objet. Dépêchées sur les lieux, les forces de l’ordre et la police nationale ont dû intervenir pour éviter que la situation ne dégénère. Il faut dire qu'en face, la tension était palpable. « Ce sont tous des arnaqueurs! Voleurs! », pouvaient-on entendre.
Tous réclament que les autorités leur rendent leurs passeports. D'autres espèrent qu'on leur rembourse les frais qu'ils ont déboursés. « Le secrétaire général du MAECIF nous a reçu. Notre discussion a été peu constructive mais il a agi en responsable », admet Ben Antuf Ahmada qui exclut toutefois l’idée de récupérer les passeports sans les 50 euros exigés lors de la demande de visa. « Lors de cette discussion, Ali Mohamed a proposé qu’on fasse signer une liste aux demandeurs. Moi je me suis exprimé en disant que si on doit nous rendre les passeports, ça sera avec tout ce qui va avec notamment l’argent mais mon idée n’a pas plu à mes collègues », dira-t-il.
Membre de la commission créée par le collectif, Ben Antuf regrette que depuis le début, le ministère n’ait pas joué la carte de la franchise. Il affirme que les documents en question sont toujours à la représentation comorienne de Tanzanie. « Depuis juillet que nous avons fait la demande, aucun passeport n’a été émis à l’Ambassade du Maroc », regrette-il. Revenant sur les faits, notre interlocuteur montre qu’après plusieurs rencontres et réclamations, ils s’étaient donnés jusqu'au 15 octobre pour la dernière conclusion. Raison pour laquelle il est "hors de question de céder à la demande des autorités".
Propos non respectés car en fin d’après-midi, le Ministre de l’Intérieur et le Directeur de Cabinet Chargé de la Défense se sont entretenus avec le collectif dans les locaux du MAECIF. Le président du collectif, Youssouf Said explique qu’après discussions, les deux parties ont convenu qu’un représentant de l’Etat sera dépêché en Tanzanie pour s'enquérir de la situation. Ce dernier montre que Mohamed Daoudou et Youssouf Mohamed se sont engagés, au nom du Gouvernement, à faciliter le dépôt des dossiers à l’Ambassade de Maroc. Youssouf Said assure qu’une réponse leur sera donnée dès aujourd’hui afin de conclure sur la procédure finale.
Pour rappel, le 5 novembre dernier, le secrétaire d’Etat chargé de la Coopération avait exclu toute responsabilité relevant du MAECIF sur cette affaire. Devant la presse, Djoumoi Said Abdallah avait expliqué que les accusations portées sur le secrétaire général adjoint du ministère n’engageaient que lui. D’abord parce que le ministère n’avait que deux autorités, à savoir le Ministre Soeuf Mohamed Elamine et lui en l’occurrence, ensuite parce que le ministère des Affaires Etrangères ne délivre pas de visas. Cette déclaration devant la presse intervient après que certaines autorités du MAECIF et du ministère de l’Education aient été interpellées par la brigade de recherches et contraintes de répondre à des accusations de détournement et escroquerie. Malgré les mesures annoncées par la deuxième personnalité du MAECIF, aucune suite n’a été donnée jusqu’à cette matinée du 15 novembre. Quel avenir pour ces étudiants? Peut-on parler d'arnaque?
A.O Yazid
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